Home Santé Cancers, troubles neurologiques… Pourquoi les pneus de nos voitures sont un danger pour la santé

Cancers, troubles neurologiques… Pourquoi les pneus de nos voitures sont un danger pour la santé

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L’association Agir pour l’Environnement tire la sonnette d’alarme concernant la pollution invisible mais omniprésente générée par l’usure des pneus de nos véhicules. Chaque année, près de 80 000 tonnes de microparticules de caoutchouc sont relâchées dans la nature, contaminant sols, atmosphère et cours d’eau. Une enquête menée par l’ONG révèle la présence de centaines de substances chimiques potentiellement dangereuses dans ces résidus.

L’analyse de pneus issus de six grandes marques a mis en lumière la composition complexe de ces éléments essentiels à notre mobilité. Sur les quelque 800 substances identifiées, l’association en pointe 785 qui présenteraient des « risques graves pour la santé et l’environnement ». Ces particules, issues de l’abrasion du caoutchouc sur la chaussée, finissent par être transportées par les intempéries jusque dans nos écosystèmes aquatiques.

L’ampleur du phénomène est confirmée par le Syndicat des fabricants de pneus. Selon ses propres estimations, un pneu de voiture perd en moyenne 2,5 kilogrammes de matière durant sa durée de vie. Pour un poids lourd et sa remorque, ce chiffre peut atteindre jusqu’à 200 kilogrammes. Ces débris, loin de rester cantonnés aux abords des routes, sont massivement lessivés et se retrouvent dans les milieux naturels.

Les conséquences de cette dissémination sont déjà tangibles. Des chercheurs suisses ont ainsi détecté des additifs de pneus dans 30 % des fruits et légumes consommés dans le pays. « Des traces d’additifs utilisés pour la conservation des pneus dans 30 % des fruits et légumes consommés dans le pays », reconnaît Dominique Stempfel, président du Syndicat du pneu. Ces substances, comme le 6PPD et son dérivé le 6PPD-quinone, des antioxydants, ont été retrouvées même dans des zones reculées, loin de toute infrastructure routière. « On a notamment fait des mesures dans des lacs de montagne, à haute altitude, où il n’y a pas du tout de trafic routier, et dans certains cas, même pas de chemin pédestre », expliquait récemment Florian Breider, chercheur à l’École Polytechnique fédérale de Lausanne.

En France, Agir pour l’Environnement a également mesuré le niveau de contamination. Stéphen Kerckhove, directeur général de l’ONG, a alerté sur la présence de « 111 substances fortement toxiques pour les milieux aquatiques, 85 potentiellement mortelles en cas d’ingestion ou d’inhalation, et 112 molécules cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques ». Les risques pour la santé humaine sont considérables, allant de cancers à des troubles neurologiques, cardiovasculaires ou respiratoires, particulièrement préoccupants chez les populations les plus jeunes.

Face à cette situation, l’association plaide pour une refonte de la législation entourant la fabrication des pneus. Elle demande notamment une plus grande transparence sur la composition chimique des produits et la mise en place d’un étiquetage européen indiquant leur toxicité. L’objectif est de contraindre les fabricants à développer des alternatives plus écologiques.

Michelin, acteur majeur du secteur, se montre ouvert à l’idée d’établir des réglementations internationales sur les seuils d’abrasion des pneus. Le géant français assure par ailleurs travailler sur la substitution des composants les plus nocifs par des alternatives plus durables, comme les huiles végétales, et sur le développement de gommes à l’empreinte environnementale réduite.

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