Publié le 2024-02-29 10:00:00. Une étude internationale révèle des similitudes génétiques frappantes entre les cancers du chat et ceux de l’homme, ouvrant de nouvelles perspectives pour la prévention et le traitement de ces maladies chez les deux espèces.
- Des chercheurs ont cartographié génétiquement treize types de cancer du chat, identifiant des gènes conducteurs communs avec les cancers humains et canins.
- Le gène FBXW7, souvent impliqué dans le cancer du sein chez le chat, est également associé à un pronostic défavorable dans plusieurs cancers humains, dont le cancer du sein.
- Cette recherche pourrait mener à de nouvelles stratégies thérapeutiques, notamment en identifiant les chats dont les tumeurs répondent le mieux à certains traitements.
Le cancer est l’une des principales causes de décès chez les chats domestiques, mais jusqu’à présent, sa génétique restait largement inexplorée. Une vaste étude menée par l’Université de Guelph, en collaboration avec des institutions internationales, a permis de lever une partie du voile sur cette complexité. Les résultats de cette recherche, publiés dans la revue Science, offrent des éclaircissements précieux non seulement pour la santé féline, mais aussi pour la compréhension du cancer chez l’humain.
L’équipe de chercheurs a analysé des échantillons provenant de près de 500 chats domestiques atteints de treize types de cancer différents, issus de cinq pays. Ils ont identifié des gènes spécifiques, appelés gènes conducteurs, qui jouent un rôle clé dans le développement de la maladie. L’une des découvertes les plus notables est la présence de nombreux gènes communs aux chats, aux humains et aux chiens.
Le gène FBXW7 est un exemple particulièrement significatif. Il s’agit du gène conducteur le plus fréquemment muté dans le cancer du sein chez la chatte. Chez l’homme, une altération de ce même gène est corrélée à un pronostic moins favorable dans divers cancers, notamment le cancer du sein. De plus, le gène PIK3CA, également fréquemment identifié dans les cancers félins, est déjà une cible thérapeutique en oncologie humaine.
Les similitudes génétiques s’étendent également aux cancers du sang, tels que la leucémie et le lymphome, ainsi qu’aux tumeurs affectant les os, les poumons, la peau, le système digestif et le système nerveux central. Les chercheurs soulignent que les chats sont souvent exposés aux mêmes facteurs environnementaux que leurs propriétaires – pollution atmosphérique, habitudes de vie – ce qui pourrait expliquer en partie ces convergences.
« Cette recherche nous aide à mieux comprendre pourquoi le cancer se développe chez les chats et les humains, comment notre environnement influence le risque et potentiellement comment nous pouvons mieux prévenir et traiter le cancer »,
Dr Geoffrey Wood, co-auteur principal de l’étude
L’étude suggère également que certains médicaments de chimiothérapie pourraient être plus efficaces sur les cancers du sein de chat présentant une mutation FBXW7. Bien que ces résultats aient été obtenus sur des échantillons de tissus en laboratoire et nécessitent des investigations complémentaires, ils ouvrent la voie à de nouvelles approches thérapeutiques pour les chats, et potentiellement pour d’autres espèces.
Grâce à une collaboration internationale, les chercheurs ont pu analyser des séquences d’ADN issues de tissus déjà collectés par des vétérinaires. Cette approche collaborative pourrait favoriser un échange de connaissances et de thérapies entre la médecine humaine et la médecine vétérinaire, dans les deux sens.
« Il s’agit de l’un des développements les plus importants jamais réalisés dans la recherche sur le cancer du chat. La génétique des tumeurs félines n’est plus une boîte noire. Nous pouvons désormais prendre de réelles mesures vers une oncologie de précision pour les chats et, à terme, pour les humains. »
Dr Louise van der Weyden, Wellcome Sanger Institute
Bien que les résultats soient préliminaires et nécessitent des études cliniques approfondies, cette recherche représente une avancée majeure dans la lutte contre le cancer, tant chez les animaux que chez les humains.
Pour en savoir plus sur la prévention du cancer, vous pouvez consulter cet article : 40 % des cancers sont évitables, mais pas uniquement en adoptant un mode de vie plus sain. Vous trouverez également des informations sur le dépistage du cancer du sein dans cet article : Même en cas de cancer du sein métastatique, le dépistage augmente considérablement les chances de survie. Enfin, découvrez comment un inhibiteur STAT3 prolonge la vie des chats atteints d’un cancer de la tête et du cou : L’inhibiteur STAT3 prolonge la vie des chats atteints d’un cancer de la tête et du cou.
Pour aller plus loin, écoutez notre podcast scientifique :