Une découverte scientifique majeure offre un nouvel espoir dans la lutte contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA), ou maladie de Charcot, et la démence fronto-temporale (DFT). Des chercheurs ont identifié le mécanisme biologique à l’origine des formes génétiques les plus fréquentes de ces maladies neurodégénératives, ouvrant la voie à de potentielles thérapies.
Cette avancée, publiée dans la revue Science, se concentre sur un gène spécifique, C9ORF72, dont les anomalies sont responsables d’environ 8 % des cas de SLA. L’étude révèle que des répétitions anormales de séquences dans ce gène conduisent à la production de protéines toxiques qui détruisent les motoneurones, les cellules nerveuses essentielles au contrôle des muscles.
La SLA est une maladie neurodégénérative fatale qui affecte environ 6 000 personnes en France. Elle se caractérise par une perte progressive de la capacité à marcher, manger, parler et respirer, due à la destruction des motoneurones. L’espérance de vie après le diagnostic est généralement d’environ trois ans.
Les chercheurs ont démontré qu’en bloquant la production de ces protéines toxiques, il est possible d’enrayer la dégénérescence des motoneurones et, potentiellement, de prévenir l’apparition de la maladie. Ils ont identifié un site de démarrage spécifique sur l’ARN, utilisé par les ribosomes pour fabriquer les protéines. En modifiant génétiquement ce site, la synthèse des protéines toxiques est stoppée.
« Nous avons réussi à éteindre totalement la synthèse toxique dans ces motoneurones et à restaurer leur durée de vie », expliquent les chercheurs.
Les expériences ont d’abord été menées in vitro, puis confirmées sur des souris. L’équipe a également utilisé la technologie CRISPR-Cas9 pour corriger le gène C9ORF72 dans des motoneurones de patients atteints de SLA cultivés en laboratoire, avec des résultats prometteurs.
Cette découverte est particulièrement importante car la SLA, comme d’autres maladies neurodégénératives, est souvent causée par une combinaison de facteurs. Identifier un mécanisme moléculaire précis et une cible thérapeutique potentielle représente une étape cruciale. Par ailleurs, plus de la moitié des formes familiales de démence fronto-temporale sont également liées à des répétitions de séquences dans le gène C9ORF72, ce qui élargit le champ d’application de cette recherche.
À ce stade, les recherches se poursuivent pour développer des traitements ciblant spécifiquement le site de démarrage de la synthèse des protéines neurotoxiques, dans l’espoir d’améliorer la vie des patients atteints de SLA et de DFT.