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centre social cherche repreneur sérieux et motivé, urgent

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Le centre social du Petit-Marseille, pilier de son quartier depuis près de 50 ans, est au bord du gouffre. L’association Aapiq, confrontée à des dettes de 350 000 euros et à des tensions internes exacerbées, a vu son directrice démissionner, précipitant une annonce de reprise.

L’annonce de la démission d’Anne-Catherine Dupré, le 2 février, a convaincu l’administrateur judiciaire de privilégier une recherche de repreneur plutôt que de tenter de maintenir l’activité. Arrivée il y a six mois, la directrice se dit dépassée par la pression et les attaques personnelles : « Je n’ai jamais vu une telle pression, c’est une chasse à l’homme, on veut ma tête. » Elle avait entamé, dès septembre, une seconde vague de restructuration pour économiser 50 000 euros supplémentaires, mais sans succès.

« On a demandé aux membres du comité social et économique (CSE) d’y réfléchir aussi, mais personne ne nous a aidés, on n’a jamais pu parler. On n’a pas abouti », regrette Anne-Catherine Dupré. Les salariés, dont deux sont actuellement en arrêt maladie, dénoncent un « management toxique ». Ils affirment avoir proposé de réduire leurs heures de travail et de confier la direction aux responsables de pôle, sans recruter de nouvelle directrice. Une proposition qui aurait pu générer des économies, selon eux, mais qui a été rejetée au profit de dépenses juridiques.

« Le CA ne nous a pas écoutés, il nous a méprisés alors qu’on a l’expérience de ce centre social », témoignent-ils, amers. Pour la présidente de l’association, Josiane Sauzereau, c’est un « choc » et un « deuil ». « On voulait s’en sortir, mais on a perdu. Notre bureau de bénévoles n’était pas préparé à mener une restructuration, on ne connaît pas tout ça. »

La situation du centre social du Petit-Marseille s’est dégradée au fil des années. L’Aapiq a connu une succession de six directeurs en dix ans, ainsi que des postes vacants et des conflits internes récurrents. Malgré le maintien des subventions de la CAF, de la Ville, de l’Agglo et du Département, la revalorisation des salaires des travailleurs sociaux et les frais de justice ont fini par mettre l’association au bord du gouffre.

Une première restructuration avait été mise en place en février 2025, avec la fermeture du pôle de formation, la suppression de six postes et le recrutement d’une nouvelle directrice, de deux coordinateurs et d’un comptable. À l’automne, la situation semblait s’améliorer, selon Josiane Sauzereau, qui parlait alors d’une « renaissance ». Anne-Catherine Dupré, de son côté, estimait avoir procédé aux changements « en douceur ».

La fermeture de l’Aapiq aurait des conséquences importantes pour le quartier, privant les habitants d’un centre de loisirs, d’une crèche, de services d’insertion pour les familles, d’un accompagnement pour les gens du voyage et de programmes de prévention jeunesse. Isabelle Gireaud, adjointe aux affaires sociales, candidate aux élections municipales du 15 mars, assure qu’il est « inimaginable que ce centre social meure ». Si aucun repreneur n’est trouvé, les partenaires envisageront de mettre en place une nouvelle structure, la Ville pouvant notamment prendre en charge la Maison France services, le programme de réussite éducative et les activités de la pause méridienne.

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