Home Santé Certains acides aminés contenus dans les protéines exercent un stress sur le corps pendant la récupération

Certains acides aminés contenus dans les protéines exercent un stress sur le corps pendant la récupération

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Publié le 06 novembre 2025. Des chercheurs de l’Hôpital universitaire de Hambourg-Eppendorf (UKE) ont découvert qu’une aversion marquée pour les aliments riches en protéines, observée après une maladie aiguë, pourrait être un mécanisme de défense naturel de l’organisme. Cette découverte, issue d’une étude publiée dans la revue *Cell*, éclaire le rôle de trois acides aminés spécifiques dans la réponse du corps à la convalescence.

Une étude menée par le Dr Nikolai Jaschke, endocrinologue à l’UKE, a révélé que le processus de guérison après une maladie aiguë est souvent accompagné d’une aversion significative pour les aliments protéinés. Cette observation contredit l’idée reçue selon laquelle les protéines sont toujours bénéfiques en période de convalescence pour les patients gravement malades.

Les travaux, réalisés en collaboration avec le laboratoire d’Andrew Wang de la Yale School of Medicine, ont mis en évidence que le problème ne réside pas dans la consommation de protéines en général, mais plutôt dans la présence de trois acides aminés spécifiques : la glutamine, la lysine et la thréonine (ou QKT). À fortes doses, ces éléments, naturellement présents dans de nombreux aliments protéinés, entraînent la production de molécules toxiques, notamment l’ammoniac, que le foie doit ensuite détoxifier.

Cependant, lors d’une phase de récupération, la capacité de l’organisme à éliminer ces toxines est affaiblie. Les expériences menées par l’équipe ont montré qu’une supplémentation en ces trois acides aminés pouvait s’avérer toxique. « Nous supposons que l’aversion pour les aliments riches en protéines représente un mécanisme de protection physiologique qui protège l’organisme contre une accumulation d’ammoniac nocif », explique le Dr Jaschke.

Les scientifiques ont identifié une protéine dans l’intestin, activée par l’ammoniac, qui semble être à l’origine de cette aversion. Cette protéine transmet des signaux aux zones du cerveau responsables des sensations de nausée et de dégoût. Curieusement, ces mêmes zones cérébrales sont partiellement activées par des médicaments coupe-faim modernes, tels que ceux contenant le principe actif sémaglutide.

Forts de ces découvertes, les chercheurs envisagent désormais des essais cliniques pour évaluer si des ajustements diététiques basés sur ces nouvelles connaissances peuvent améliorer la guérison chez les patients. Ces approches pourraient également s’avérer pertinentes pour les enfants souffrant de maladies métaboliques congénitales ou pour les personnes atteintes de cachexie, un syndrome complexe lié à des maladies chroniques comme le cancer.

Source : Hôpital universitaire de Hambourg-Eppendorf.


Publication originale : Nikolai P. Jaschke et coll.; Gut-brain signaling restricts dietary protein intake during recovery from a catabolic state; Cell, novembre 2025, DOI : 10.1016/j.cell.2025.10.005

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