Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une nouvelle étude scientifique révèle que l’adoption de certaines habitudes alimentaires saines peut augmenter significativement l’espérance de vie, avec des gains potentiels allant jusqu’à trois ans pour les hommes et plus de deux ans pour les femmes.
- Une étude récente établit un lien entre cinq régimes alimentaires sains et une durée de vie plus longue.
- Pour les hommes, un régime axé sur la prévention du diabète pourrait ajouter jusqu’à trois années à leur espérance de vie.
- Les femmes pourraient gagner jusqu’à 2,3 années de vie supplémentaires en adoptant le régime méditerranéen.
Il est bien connu qu’une alimentation équilibrée contribue à une meilleure santé, mais déterminer l’impact réel de ce choix sur la longévité s’avère plus complexe. Face à la multitude de régimes alimentaires disponibles, il est parfois difficile de savoir lequel adopter. Des recherches antérieures ont déjà mis en évidence les bienfaits de modèles alimentaires reconnus tels que le régime méditerranéen, le régime DASH et les régimes à base de plantes, en termes de réduction du risque de maladies chroniques et de décès prématurés. Cependant, peu d’études ont quantifié l’impact de ces habitudes alimentaires sur l’espérance de vie réelle, en années gagnées, plutôt qu’en simples pourcentages de réduction des risques. Cette distinction est cruciale, car la perspective de gagner quelques années supplémentaires peut être plus motivante que la compréhension de statistiques abstraites.
Une question importante demeure : la génétique joue-t-elle un rôle prépondérant ? Certaines personnes semblent naturellement prédisposées à vivre plus longtemps grâce à des gènes liés à la longévité. Les chercheurs se sont donc interrogés sur la capacité d’une alimentation saine à prolonger la vie, même en l’absence d’une prédisposition génétique favorable. Une nouvelle étude à grande échelle, publiée dans la revue Avancées scientifiques, a cherché à répondre à ces questions en examinant cinq habitudes alimentaires saines populaires et leur lien avec la mortalité et l’espérance de vie. Examinons de plus près les conclusions de cette recherche.
Comment cette étude a-t-elle été menée ?
Les chercheurs ont mené une étude de cohorte prospective, ce qui signifie qu’ils ont suivi un vaste groupe de personnes sur une période prolongée afin d’évaluer l’impact de leur régime alimentaire sur leur santé. Les données proviennent de la UK Biobank, une étude à long terme d’envergure qui suit les informations relatives à la santé et au mode de vie de plus d’un demi-million de personnes au Royaume-Uni.
Pour cette analyse, 103 649 participants ayant rempli au moins deux questionnaires alimentaires ont été inclus. L’âge moyen des participants était d’environ 58 ans, et 56 % d’entre eux étaient des femmes. Les personnes ayant déjà reçu un diagnostic de maladie cardiovasculaire ou de cancer ont été exclues de l’étude.
Le régime alimentaire de chaque participant a été évalué en fonction de cinq habitudes alimentaires saines bien établies :
- Indice alternatif pour une alimentation saine (PEUT)
- Score du régime méditerranéen alternatif (AMED)
- Indice de régime alimentaire sain à base de plantes (hPDI)
- Approches diététiques pour arrêter l’hypertension (TIRET)
- Régime de réduction du risque de diabète (DRRD)
Chacun de ces systèmes de notation évalue dans quelle mesure les habitudes alimentaires d’une personne correspondent à un modèle alimentaire particulier, des scores plus élevés indiquant une alimentation plus saine.
Les participants ont été suivis pendant une période médiane d’environ 10,6 ans, au cours de laquelle 4 314 décès ont été recensés. Les chercheurs ont pris en compte de nombreux autres facteurs susceptibles d’influencer la durée de vie, tels que l’âge, le sexe, le tabagisme, l’activité physique, l’indice de masse corporelle, le niveau d’éducation et les problèmes de santé préexistants tels que l’hypertension artérielle et le diabète. Ils ont également analysé les données génétiques des participants afin de déterminer si les gènes liés à la longévité influençaient les résultats.
Qu’a révélé l’étude ?
L’adoption d’un des cinq régimes alimentaires sains étudiés était associée à un risque de décès plus faible. Les participants classés dans les 20 % supérieurs en termes de qualité de leur alimentation présentaient un risque de décès global inférieur de 18 % à 24 % par rapport à ceux classés dans les 20 % inférieurs. Parmi les cinq modèles, le régime de réduction du risque de diabète a montré l’association la plus forte avec une réduction du risque de mortalité.
Lorsque les chercheurs ont converti ces résultats en années de vie, les différences étaient significatives. À 45 ans, les hommes ayant adopté le régime alimentaire le plus sain ont gagné entre 1,9 et 3,0 années de vie supplémentaires par rapport aux hommes ayant une alimentation de moindre qualité. Pour les femmes, le gain était compris entre 1,5 et 2,3 ans. L’augmentation la plus importante de l’espérance de vie chez les hommes était liée au régime de réduction du risque de diabète (3,0 ans), tandis que les femmes ont bénéficié le plus du régime méditerranéen (2,3 ans).
Les chercheurs ont également examiné si ces avantages persistaient en tenant compte de la génétique. Ils ont utilisé un score de risque polygénique, basé sur 19 variantes génétiques associées à la longévité, pour classer les participants en fonction de leur prédisposition génétique à une longue vie (faible, intermédiaire ou élevée). Ils ont constaté qu’une alimentation saine était associée à une espérance de vie plus longue, que la personne soit ou non porteuse de gènes de longévité. En d’autres termes, il n’est pas nécessaire d’avoir une prédisposition génétique favorable pour bénéficier d’une alimentation saine.
Il est important de noter que cette étude présente certaines limites. Il s’agit d’une étude observationnelle, ce qui signifie qu’elle peut établir une association entre l’alimentation et la longévité, mais ne peut pas prouver un lien de causalité. Les informations sur le régime alimentaire ont été auto-déclarées à l’aide de questionnaires, ce qui peut introduire des imprécisions. L’étude était également limitée à des participants d’origine européenne majoritairement blanche, ce qui signifie que les résultats pourraient ne pas être généralisables à d’autres populations. De plus, même si les chercheurs ont pris en compte de nombreux facteurs, il est possible que des variables non mesurées aient également joué un rôle.
Comment cela s’applique-t-il à la vraie vie ?
Le régime de réduction du risque de diabète (DRRD), qui s’est avéré particulièrement bénéfique pour les hommes, est un outil de recherche développé en 2015. Les personnes qui suivent ce régime consomment une grande quantité de céréales complètes, de noix et de café, et privilégient les graisses polyinsaturées par rapport aux graisses saturées. Un score DRRD plus élevé peut également être obtenu en limitant considérablement la consommation de graisses trans, de boissons sucrées et de viandes rouges et transformées.
Le point le plus encourageant de cette étude est qu’il n’est pas nécessaire de suivre un régime alimentaire spécifique et rigide pour bénéficier des avantages en termes de longévité. Les cinq régimes alimentaires étudiés étaient associés à une vie plus longue, ce qui signifie que vous avez la liberté de choisir un mode d’alimentation qui correspond à vos préférences, à votre culture et à votre style de vie. L’élément le plus important est la qualité globale de votre alimentation, plutôt que de suivre un ensemble de règles strictes.
Malgré leurs différences, ces régimes alimentaires partagent plusieurs points communs. Si vous souhaitez aligner vos habitudes alimentaires sur des modèles associés à une vie plus longue, voici quelques conseils pratiques :
- Consommez davantage de fruits, de légumes et de céréales complètes. Les cinq régimes alimentaires mettent l’accent sur ces aliments riches en fibres et en nutriments. Essayez d’ajouter une portion supplémentaire de légumes à votre déjeuner et à votre dîner, ou de remplacer les céréales raffinées par des options de céréales complètes comme le riz brun, les pâtes de blé entier ou l’avoine.
- Intégrez des noix, des graines et des graisses saines. Le régime méditerranéen et d’autres modèles alimentaires encouragent la consommation de graisses insaturées provenant de sources telles que l’huile d’olive, les noix et les avocats. Une poignée d’amandes ou de noix constitue une collation saine et facile à préparer.
- Réduisez votre consommation de boissons sucrées. L’étude a révélé que les boissons sucrées étaient le groupe alimentaire le plus étroitement associé à un risque accru de mortalité. Remplacer les sodas ou les boissons sucrées par de l’eau, de l’eau gazeuse ou du thé non sucré peut être un changement simple mais efficace.
- Privilégiez les fibres. Parmi tous les composants alimentaires, les fibres alimentaires ont montré l’association la plus forte avec un risque de mortalité réduit. Les bonnes sources comprennent les haricots, les lentilles, les baies, le brocoli, les céréales complètes et les graines de chia.
- Ne visez pas la perfection. Même des améliorations modestes de la qualité de l’alimentation ont été associées à des bénéfices dans cette étude. De petits changements constants, comme préparer un repas de plus à la maison chaque semaine ou choisir un fruit plutôt qu’une collation transformée, peuvent s’accumuler avec le temps.
Notre avis d’expert
Une nouvelle étude publiée dans Avancées scientifiques a révélé que l’adoption d’un des cinq régimes alimentaires sains – le régime méditerranéen, le régime DASH, un régime alimentaire à base de plantes, l’indice alternatif pour une alimentation saine ou le régime de réduction du risque de diabète – était associée à un risque de décès plus faible et à une espérance de vie plus longue. Les hommes ayant adopté le régime alimentaire le plus sain ont gagné jusqu’à trois années de vie supplémentaires à 45 ans, tandis que les femmes ont gagné jusqu’à 2,3 années. Il est encourageant de constater que ces avantages ont persisté quelle que soit la prédisposition génétique d’une personne à une durée de vie plus ou moins longue. Le message clé est que vous avez une grande flexibilité dans le choix d’un régime alimentaire sain : ce qui compte le plus est la qualité globale de votre alimentation.