Dans un Texas en pleine effervescence, où la demande d’électricité explose sous l’effet de l’intelligence artificielle et d’une croissance démographique soutenue, une entreprise se positionne comme un pari sûr pour les investisseurs : Sempra Energy, via sa filiale Oncor. Alors que le réseau électrique de l’État, géré par ERCOT, atteint ses limites, le besoin croissant en infrastructures promet des rendements stables et une croissance des dividendes.
L’État de la « Lone Star State » traverse une période de tension électrique sans précédent. ERCOT, l’opérateur du réseau texan, a multiplié les « alertes de conservation » cette année, un signe criant de la fragilité de sa capacité à répondre à la demande. Pendant que les habitants luttent pour garder leurs climatiseurs en marche, une nouvelle génération de centres de données, gourmands en énergie, tourne à plein régime 24 heures sur 24. La situation est d’autant plus critique que la population continue de croître et que de nouvelles usines et des campus dédiés à l’intelligence artificielle se connectent au réseau vieillissant. Les projections sont alarmantes : ERCOT anticipe une augmentation de la demande d’électricité de 62 % d’ici 2030.
Ces prévisions, jugées trop optimistes par certains, sont même surpassées par Oncor, le plus grand fournisseur de services publics de l’État. L’entreprise fait état d’une demande en attente de connexion au réseau de 186 gigawatts (GW). Ce chiffre représente plus du double de la demande de pointe actuelle (une augmentation de 118 %) et équivaut à la capacité nécessaire pour alimenter deux fois tous les foyers du Texas.
Le modèle économique d’Oncor, en tant que service public réglementé, est la clé de son attrait pour les investisseurs. Lorsque l’entreprise investit dans de nouvelles infrastructures – poteaux, câbles, sous-stations –, l’État lui garantit un rendement fixe, généralement aux alentours de 9 %, sur ses dépenses. Autrement dit, chaque milliard de dollars investi dans le réseau se traduit par un bénéfice sécurisé de 90 millions de dollars. Cette structure incite Oncor à développer continuellement ses infrastructures, car chaque extension de sa « base tarifaire » – l’ensemble des actifs sur lesquels les rendements sont calculés – augmente ses profits potentiels. L’absence de plafond pour cette base tarifaire rend son potentiel de croissance quasi illimité.
Pour les investisseurs à la recherche d’une exposition intelligente aux besoins énergétiques de l’IA, Sempra Energy (NYSE: SRE) représente une opportunité discrète. Pendant que les marchés se concentrent sur les géants des semi-conducteurs et des logiciels comme NVIDIA et Microsoft, Sempra se positionne comme le fournisseur essentiel de l’infrastructure qui rend ces avancées possibles. Chaque nouveau centre de données, chaque ferme de serveurs qui se connecte au réseau, se traduit par de nouvelles sous-stations, des lignes à haute tension supplémentaires et, in fine, des rendements accrus pour les actionnaires de Sempra. Les investissements prévus par Sempra dans les cinq prochaines années s’élèvent à un montant record de 56 milliards de dollars, dont plus de la moitié sera consacrée à l’amélioration et à l’extension des réseaux de transmission et de distribution, spécifiquement pour répondre aux besoins des centres de données et des campus d’IA.
Ces 56 milliards de dollars se traduiront concrètement par la construction de centaines de nouvelles sous-stations, la modernisation de milliers de kilomètres de lignes à haute tension et l’installation de nouveaux transformateurs. Des géants technologiques tels que Microsoft et Amazon font déjà partie des clients dont les projets d’envergure sont dans le carnet de commandes d’Oncor. Même si seulement la moitié de la demande de 186 GW se concrétise, cela doublerait la demande maximale actuelle.
Dans ce système réglementé, chaque nouvel actif construit par Oncor vient s’ajouter à sa base tarifaire, alimentant ainsi une boucle vertueuse de croissance des bénéfices, et par extension, des dividendes. Sempra a d’ailleurs réussi à augmenter ses dividendes pendant 20 années consécutives, et son plan d’investissement de 56 milliards de dollars est intrinsèquement lié à un plan d’augmentation des dividendes.
Le dividende de Sempra a connu une croissance moyenne de 9 % par an au cours des cinq dernières années, surpassant de 84 % son niveau d’il y a une décennie. Cette performance est d’ailleurs reflétée dans la valorisation de l’action, qui a progressé de 82 % sur la même période. En considérant les dividendes réinvestis, le rendement total pour les actionnaires de Sempra sur la dernière décennie s’élève à 154 %, une performance remarquable pour une entreprise qualifiée de « dormante ». Dans un contexte de forte demande énergétique, le rendement actuel de 2,9 % de Sempra pourrait bien s’accélérer, avec des augmentations de dividende prévisibles de 9 % annuellement, offrant ainsi un rendement annuel potentiel de 11,9 % pour un actif réglementé et sûr.
L’action Sempra a, au fil du temps, suivi la trajectoire ascendante de son « aimant à dividendes ». Cette force cachée explique la stabilité du rendement actuel de l’action : lorsque le dividende augmente, le cours de l’action suit naturellement, captant ainsi l’attention des investisseurs. Sur les 25 dernières années, le rendement de base s’est stabilisé aux alentours de 3%, prouvant la résilience et la prévisibilité de la stratégie de Sempra.
Sempra Energy se présente ainsi comme l’investissement alternatif que peu de gens à Wall Street avaient identifié. C’est l’entreprise qui bâtit l’infrastructure, qui connecte les centres de données et qui, ultimement, assure que les lumières restent allumées dans le sillage de la révolution de l’IA.