Publié le 2025-10-17 16:57:00. Des chercheurs ont identifié la molécule pléiotrophine comme un acteur clé dans la réparation des circuits neuronaux, ouvrant des perspectives prometteuses pour les personnes atteintes de trisomie 21, même à l’âge adulte.
- La pléiotrophine, administrée aux astrocytes, a stimulé la création et le renforcement de connexions cérébrales chez des souris adultes.
- Cette découverte suggère une nouvelle approche pour traiter les dysfonctionnements cérébraux liés à la trisomie 21, potentiellement applicable au-delà des périodes critiques du développement.
- Les travaux pourraient également éclairer d’autres affections neurologiques comme la maladie d’Alzheimer ou le syndrome de l’X fragile.
La recherche, publiée dans la revue Cell Reports, met en lumière le rôle de la pléiotrophine, une protéine normalement abondante durant le développement cérébral, mais retrouvée en quantité insuffisante chez les individus trisomiques. Les scientifiques ont mené des expériences sur des souris, constatant que l’administration ciblée de pléiotrophine aux astrocytes – des cellules gliales essentielles au soutien neuronal – entraînait une augmentation significative du nombre de synapses, les connexions entre neurones. Ce phénomène s’est avéré particulièrement notable dans l’hippocampe, une région cérébrale cruciale pour l’apprentissage et la mémoire.
L’étude s’est distinguée en démontrant que l’administration de pléiotrophine via des vecteurs viraux désactivés (rendus inoffensifs) pouvait restaurer la plasticité neuronale même chez des animaux adultes. Auparavant, les stratégies visant à améliorer les connexions cérébrales nécessitaient des interventions durant des fenêtres temporelles très restreintes de la gestation. La capacité de la pléiotrophine à agir sur des cerveaux matures constitue donc une avancée majeure.
« Cette recherche est vraiment passionnante car elle montre que nous pouvons utiliser les astrocytes pour réparer les circuits cérébraux à l’âge adulte. Nous sommes encore loin de pouvoir appliquer cela aux gens, mais cela donne l’espoir que nous pourrons améliorer considérablement la qualité de vie des personnes trisomiques à l’avenir. »
Ashley N. Brandebura, scientifique
L’équipe de recherche souligne également le potentiel des astrocytes pour induire la formation de nouvelles connexions, ce qui pourrait permettre de corriger des connexions défectueuses et d’améliorer les fonctions cognitives générales.
« Ces résultats suggèrent que nous pouvons utiliser les astrocytes pour créer de nouvelles connexions cérébrales. Cela pourrait éventuellement nous permettre de réparer des connexions incorrectes et d’améliorer les fonctions cérébrales. »
Nicola J. Allen, membre de l’équipe
Les chercheurs se montrent prudents et rappellent que si la pléiotrophine semble jouer un rôle important, la trisomie 21 résulte de l’interaction de multiples facteurs. Néanmoins, ces travaux ouvrent des perspectives thérapeutiques potentiellement étendues au-delà de la trisomie 21, ciblant d’autres troubles neurologiques où les dysfonctionnements synaptiques sont un facteur clé, tels que la maladie d’Alzheimer ou le syndrome de l’X fragile.
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