Home Santé Chikungunya : découvrez comment se protéger de la maladie

Chikungunya : découvrez comment se protéger de la maladie

0 comments 36 views

Publié le 9 février 2026 15:04:00. Le Brésil lance une campagne de vaccination contre le chikungunya, une maladie virale en augmentation due au changement climatique et à l’urbanisation, alors que plus de 120 000 cas ont été recensés en 2025. Les femmes et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables aux complications.

  • Le Brésil a approuvé un vaccin contre le chikungunya développé par l’Institut Butantan en partenariat avec Valneva.
  • La vaccination a débuté le 2 février 2026 à Mirassol, dans l’État de São Paulo, dans le cadre d’un projet pilote.
  • Le chikungunya est une maladie endémique au Brésil, avec une incidence plus élevée pendant les périodes pluvieuses et dans les zones urbaines.

Face à une recrudescence des cas de chikungunya, les autorités sanitaires brésiliennes mettent en œuvre une stratégie de prévention à grande échelle. Cette maladie virale, transmise par les moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus, suscite une inquiétude croissante, exacerbée par les effets du changement climatique et l’expansion des zones urbaines, qui favorisent la prolifération des moustiques vecteurs.

L’Agence nationale de veille sanitaire (Anvisa) a donné son feu vert en avril 2025 pour l’utilisation du vaccin développé par l’Institut Butantan en collaboration avec le laboratoire franco-autrichien Valneva. L’objectif principal est de limiter l’impact de la maladie et de contrôler les épidémies, particulièrement dans un pays comme le Brésil où le chikungunya est endémique.

La campagne de vaccination a été lancée le 2 février 2026 dans la ville de Mirassol, dans la région de São José do Rio Preto, dans l’État de São Paulo. Ce projet pilote servira de tremplin pour une vaccination à plus grande échelle, qui sera déployée dans dix municipalités réparties dans quatre États, sélectionnées par le ministère de la Santé en fonction de critères épidémiologiques, démographiques et logistiques.

Malgré l’espoir suscité par le vaccin, les experts soulignent l’importance cruciale de la lutte anti-vectorielle.

« Le vaccin est un outil puissant, mais il ne remplace pas les mesures de prévention contre les moustiques. La lutte contre le vecteur est l’affaire de tous. »

Eolo Morandi, responsable médical de Butantan

Il est donc essentiel d’éviter la stagnation de l’eau dans les récipients, d’utiliser des répulsifs, de porter des vêtements couvrants, de maintenir les cours propres et de déboucher les gouttières. La collaboration de la population est indispensable pour limiter la propagation du virus.

Le chikungunya présente un risque particulier pour certains groupes de population. Les nouveau-nés, dont le système immunitaire est immature, et les personnes âgées, dont la réponse immunitaire est affaiblie, sont plus susceptibles de développer des complications graves. Des études suggèrent également que les femmes, qui représentent 60 % des cas au Brésil, sont plus susceptibles de souffrir de douleurs articulaires chroniques, potentiellement liées à des facteurs hormonaux et immunologiques. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces observations.

Le diagnostic du chikungunya repose sur des critères cliniques, basés sur les symptômes, et sur des analyses de laboratoire.

« Dans les 5 à 7 premiers jours de l’infection, un test PCR peut détecter la présence du virus. Après 10 à 15 jours, on peut identifier la présence d’anticorps, confirmant le contact avec le virus. »

Eolo Morandi, responsable médical de Butantan

La principale préoccupation réside dans la chronicité des douleurs articulaires, qui peuvent persister pendant des mois, voire des années, et affecter considérablement la qualité de vie des patients. Les personnes présentant des comorbidités telles que le diabète, l’hypertension, l’obésité ou des maladies rhumatologiques sont particulièrement à risque.

À l’échelle mondiale, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a recensé environ 317 000 cas et 135 décès liés au chikungunya dans 16 pays et territoires des Amériques, d’Afrique, d’Asie et d’Europe en août 2025. Le Brésil est le pays le plus touché des Amériques, avec près de 120 000 cas et 106 décès, selon l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS). En 2025, plus de 125 000 cas et 121 décès ont été signalés au Brésil, les États du Mato Grosso, du Mato Grosso do Sul et de Rondônia étant les plus affectés. Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’OMS met en garde contre le risque d’une épidémie mondiale de chikungunya, en raison du changement climatique, de l’urbanisation croissante et de l’augmentation des voyages vers les zones d’endémie. Le Brésil représente 96 % des cas confirmés et 72 % des décès dans les Amériques, selon le dernier bulletin de l’organisation.

Il est souvent difficile de distinguer le chikungunya de la dengue, car les deux maladies présentent des symptômes similaires (fièvre, maux de tête, douleurs derrière les yeux, vomissements, malaises). Cependant, le chikungunya se caractérise par des douleurs articulaires beaucoup plus intenses et prolongées. Le nom « chikungunya » provient d’un mot de la langue kimakonde, qui signifie « celui qui se plie », en référence à la posture contorsionnée des personnes atteintes de fortes douleurs articulaires.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.