Publié le 2025-11-05 11:26:00. Alors que les facteurs de risque cardiovasculaire traditionnels sont bien connus, de nouvelles menaces émergent. Un cardiologue met en lumière des éléments moins évidents, tels que la pollution ou des marqueurs sanguins spécifiques, pour une prévention plus affinée.
- Les facteurs de risque cardiovasculaire classiques (hypertension, diabète, tabac, cholestérol, obésité) sont la première cause de mortalité en Espagne.
- Des facteurs moins connus, incluant la pollution environnementale, les microplastiques, les maladies parodontales et la lipoprotéine(a), augmentent aussi le risque cardiovasculaire.
- Une approche de cardiologie préventive intégrant ces nouveaux facteurs permet une détection et une intervention plus précoces.
Le Dr Armando Oterino, nouveau cardiologue à l’hôpital Quirónsalud de Cáceres, souligne l’importance de prendre en compte des éléments de risque moins médiatisés. « Il existe des facteurs génétiques, inflammatoires, hormonaux ou environnementaux qui influencent également le vieillissement de nos artères », explique-t-il. L’identification et la compréhension de ces facteurs permettront d’anticiper l’apparition des symptômes, ouvrant la voie à une cardiologie préventive véritablement personnalisée.
Parmi ces facteurs émergents, le Dr Oterino mentionne les maladies parodontales comme le tartre et l’inflammation gingivale chronique. Il alerte également sur les dangers de la pollution atmosphérique : « Des études récentes ont montré qu’il existe de petites particules fines dans la pollution de l’environnement qui sont associées à une augmentation des crises cardiaques et de la mortalité qui en découlent. » Des microplastiques retrouvés dans des plaques d’athérome, potentiellement issus du réchauffement d’aliments ou de boissons dans des récipients, sont aussi pointés du doigt comme augmentant le risque d’infarctus. D’autres facteurs tels que la ménopause, certains antécédents gynécologiques, ainsi que le stress chronique, sont également impliqués dans l’augmentation du risque cardiovasculaire.
« Il n’y a pas que l’inflammation visible qui nous défend des infections, mais celle qui se produit à petite échelle, de manière continue, qui passe inaperçue mais endommage la couche protectrice qui recouvre les artères. »
Dr Armando Oterino, cardiologue
Le dénominateur commun de ces facteurs semble être une inflammation chronique et silencieuse de l’organisme, distincte de l’inflammation aiguë répondant aux infections. Cette inflammation de bas grade, bien que discrète, érode progressivement la paroi interne des artères.
Un autre facteur de risque identifié est la présence de lipoprotéine(a), une particule sanguine dont les caractéristiques la rendent plus dangereuse que le cholestérol traditionnel. Des taux élevés de lipoprotéine(a) sont associés à un risque accru de maladies cardiovasculaires, de calcifications valvulaires aortiques et de fibrillation auriculaire.
Contrairement à d’autres paramètres, la lipoprotéine(a) est fortement influencée par la génétique et ne dispose pas encore de traitement spécifique pour en réduire le taux. Cependant, le Dr Oterino se montre optimiste quant à l’arrivée prochaine de thérapies ciblées. En attendant, il préconise une vigilance accrue sur le contrôle de la tension artérielle et du cholestérol LDL, tout en promouvant des modes de vie sains pour optimiser la santé artérielle.
« La prévention ne consiste plus seulement à surveiller le taux de cholestérol ou la tension artérielle, mais à veiller à ce que notre génétique, nos habitudes, notre repos, l’environnement dans lequel nous respirons et même nos émotions se reflètent dans notre cœur. »
Dr Armando Oterino, cardiologue
La bonne nouvelle, selon le cardiologue, est que nombre de ces risques émergents peuvent être gérés par des changements d’habitudes ciblés. « La première chose est de connaître votre propre risque, de mesurer votre poids et votre circonférence abdominale, de connaître votre tension artérielle et de vous faire contrôler régulièrement avec des analyses de sang complètes », recommande le Dr Oterino. Il conclut sur une note positive, affirmant que les outils de prévention des maladies cardiovasculaires se multiplient, permettant une approche globale incluant la génétique, les habitudes de vie, le sommeil, l’environnement et le bien-être émotionnel.
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