Publié le 21 février 2026 10h43. Une étude menée à Hangzhou, en Chine, révèle que la co-infection mpox (anciennement variole du singe) et VIH s’accompagne de symptômes plus sévères et d’un risque accru d’hospitalisation chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HARSAH). Ces résultats soulignent la nécessité d’une surveillance et d’une prévention combinées des deux infections.
- La co-infection mpox-VIH est associée à une charge symptomatique plus importante, notamment des douleurs liées aux lésions cutanées.
- Près d’un quart des patients co-infectés présentaient un faible taux de lymphocytes T CD4 positifs (inférieur ou égal à 350 cellules par microlitre), ce qui est corrélé à une plus grande gravité de la maladie.
- Les comportements sexuels à risque, tels que les multiples partenaires et une activité sexuelle fréquente, sont liés à un risque accru de co-infection.
Une analyse rétrospective portant sur 104 cas de mpox confirmés en laboratoire chez des HARSAH à Hangzhou a permis de comparer les patients co-infectés par le mpox et le VIH à ceux atteints uniquement de mpox. Les chercheurs ont également comparé les cas de mono-infection au VIH à ceux de co-infection afin d’identifier les différences et les facteurs de risque potentiels.
L’étude a mis en évidence une différence significative dans la sévérité des symptômes entre les deux groupes. Les patients co-infectés ont rapporté des douleurs liées aux lésions cutanées dans 67,39 % des cas, contre 39,66 % pour ceux atteints uniquement de mpox. Sur les 27 hospitalisations recensées dans la cohorte, toutes concernaient des patients co-infectés, dont un a nécessité une admission en soins intensifs. Ces données témoignent d’une gravité clinique plus importante en cas de co-infection.
La majorité des patients co-infectés (97,83 %) étaient déjà sous thérapie antirétrovirale (ART), mais une immunodépression persistante était fréquente. Jusqu’à 28,26 % des patients co-infectés avaient un nombre de lymphocytes T CD4 positifs inférieur ou égal à 350 cellules par microlitre (une mesure de la fonction immunitaire). Un nombre plus faible de CD4 était associé à des manifestations cliniques plus sévères et à un risque accru d’hospitalisation.
L’étude a également identifié des facteurs comportementaux contribuant à la co-infection mpox-VIH. Les comportements sexuels à haut risque, notamment les partenaires multiples et une activité sexuelle fréquente, étaient significativement associés au statut de co-infection. Les auteurs suggèrent que ces observations plaident en faveur de l’intégration de stratégies de surveillance et de prévention combinées du VIH et du mpox auprès des populations les plus à risque.
Pour les cliniciens, ces résultats apportent des précisions sur la manière dont le mpox peut se manifester et évoluer chez les patients vivant avec le VIH, en particulier lorsque leur système immunitaire n’est pas pleinement reconstitué. L’importance de documenter le statut VIH et les marqueurs immunitaires récents lors de l’évaluation d’une suspicion de mpox, ainsi qu’une évaluation attentive de la douleur et de la répartition des lésions, est soulignée.
Les auteurs notent que le mpox est souvent une maladie auto-résolutive, mais qu’une immunodépression coexistante peut modifier le cours de l’infection. Ils appellent à des stratégies de santé publique coordonnées pour lutter contre ces deux infections chez les populations vulnérables.
Référence : Jin X et al. Étude rétrospective des caractéristiques épidémiologiques et cliniques de la co-infection Mpox-VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes à Hangzhou, en Chine. Comportement face au SIDA. 2026;est ce que je :10.1007/s10461-026-05068-8.