Publié le 24 septembre 2025. Près d’un quart des personnes âgées de 60 ans et plus, initialement en difficulté, ont retrouvé un bien-être optimal en l’espace de trois ans. Une étude canadienne met en lumière l’importance cruciale de l’activité physique, du sommeil et du bien-être émotionnel dans ce rétablissement.
- Près de 25% des seniors souffrant d’un mal-être ont retrouvé un état de bien-être complet en trois ans.
- La santé émotionnelle et psychologique est un prédicteur majeur de cette résilience.
- Un mode de vie sain, incluant l’activité physique et un sommeil de qualité, est déterminant.
Une étude majeure, relayée dans la revue scientifique PLOS One le 24 septembre 2025, révèle qu’il est possible de retrouver un état de bien-être optimal, même après avoir traversé des périodes difficiles. Menée par Mabel Ho et Esme Fuller-Thomson de l’Université de Toronto au Canada, cette recherche s’est appuyée sur les données de l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement. Les chercheurs ont suivi 8 332 adultes de plus de 60 ans qui ne bénéficiaient pas initialement d’un bien-être optimal. Trois ans plus tard, près d’un quart d’entre eux avaient atteint un niveau de bien-être jugé optimal, défini comme une combinaison de bien-être physique, psychologique, émotionnel, social et auto-évalué.
Les résultats soulignent avec force le rôle prépondérant des facteurs psychologiques et émotionnels. Ainsi, les participants présentant déjà des signes de bien-être mental et affectif au début de l’étude étaient près de cinq fois plus susceptibles de retrouver un bien-être complet. D’autres facteurs favorables au rétablissement incluent un âge inférieur à 70 ans, un statut marital (marié), et des revenus supérieurs au seuil de pauvreté. Sur le plan des habitudes de vie, les bienfaits d’une activité physique régulière, de l’abstinence tabagique, d’un sommeil réparateur et de la prévention ou gestion des maladies chroniques (comme l’obésité, le diabète, l’arthrite ou l’ostéoporose) ont été clairement démontrés.
Les auteurs de l’étude précisent que ces conclusions, bien que prometteuses, pourraient ne pas être directement transposables à des contextes où le système de santé est moins accessible, notamment dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Ils rappellent que l’accès universel aux soins de santé financés par l’État au Canada a pu jouer un rôle dans ces observations.
Cette recherche ouvre la voie à de futures interventions ciblées. Si les associations observées se confirment comme étant causales, des politiques et des programmes visant à soutenir le bien-être global des seniors pourraient être mis en place. L’encouragement à un mode de vie actif et sain, la gestion des maladies chroniques et la lutte contre l’isolement social sont autant de pistes pour renforcer la résilience des personnes âgées et leur permettre de retrouver une qualité de vie épanouie.
« Ce qui est puissant dans cette recherche, c’est le rappel que la vie plus tard peut encore être épanouissante, même après des périodes difficiles. Une bonne santé est importante, mais les gens, le sens et la joie que nous avons dans nos vies le sont aussi. »
Mabel Ho, première auteure, récemment diplômée d’un doctorat à la Faculté de travail social Factor-Inwentash (FIFSW) de l’Université de Toronto et à l’Institute of Life Course and Aging.
« Il s’agit d’un appel clair à investir dans la prévention, la stabilité financière et les soutiens au bien-être accessibles – car ce ne sont pas seulement des politiques intelligentes, elles peuvent potentiellement améliorer la trajectoire du vieillissement des personnes âgées en difficulté. »
Esme Fuller-Thomson, auteure principale, directrice de l’Institute for Life Course & Aging et professeure à la faculté de travail social Factor-Inwentash de l’Université de Toronto.