La solitude n’est pas qu’une souffrance émotionnelle : elle peut avoir des conséquences graves sur la santé cardiaque. Une étude révèle que l’isolement social augmente significativement les risques de maladies cardiovasculaires, d’hospitalisation et même de décès prématuré.
Une patiente, dont le mari est décédé il y a trois ans en février, a confié à son médecin que ce mois était particulièrement difficile. Vivant seule, avec une mobilité réduite en raison d’une maladie neurologique, elle se retrouve face à des journées monotones, rythmées par la télévision et le silence. Un quotidien qui, selon son médecin, n’est pas sans conséquence sur sa santé.
En effet, l’examen de son dossier médical a révélé une augmentation de sa tension artérielle et des difficultés à contrôler son diabète en février, ainsi qu’un historique d’hospitalisations pour insuffisance cardiaque durant cette même période. Cette observation n’est pas isolée. De nombreux professionnels de santé constatent un lien étroit entre l’isolement social et la détérioration de la santé cardiaque.
Des recherches scientifiques menées sur quatre décennies démontrent que l’isolement social représente un facteur de risque de décès prématuré comparable à l’obésité, au tabagisme et à la sédentarité. Les personnes souffrant d’isolement social présentent un risque accru de 30 % de développer une maladie cardiaque et un risque de 20 % d’être hospitalisées ou de décéder d’une insuffisance cardiaque. Après un infarctus, ce risque de mortalité double voire triple chez les individus isolés.
Près d’un Américain sur quatre âgé de 65 ans et plus est confronté à l’isolement social, et la moitié de la population se dit parfois seule. Les jeunes adultes, les femmes, les personnes à faible revenu, les immigrants, les personnes handicapées, celles atteintes de maladies chroniques et les habitants des zones rurales sont particulièrement vulnérables. La pandémie de COVID-19 a exacerbé ce problème.
Notre corps est naturellement programmé pour la connexion sociale. L’absence de liens significatifs est perçue comme une menace, entraînant une augmentation des hormones de stress, une inflammation accrue et une vulnérabilité des vaisseaux sanguins. Ce stress chronique accélère discrètement les maladies cardiaques et affaiblit le système immunitaire.
Il est donc crucial de considérer le lien social comme un élément essentiel de la santé, au même titre que la tension artérielle, le cholestérol ou la glycémie. Les médecins devraient systématiquement interroger leurs patients sur leurs relations sociales, identifier les personnes isolées et les orienter vers des solutions adaptées : activités familiales, programmes communautaires, groupes de soutien ou, si nécessaire, des soins en personne.
Pour les patients, il est important de prioriser les interactions sociales, de rechercher le contact avec les autres, de reconstruire des routines sociales et de ne pas hésiter à demander de l’aide. Il est également essentiel d’informer son médecin si la solitude affecte son bien-être.
Enfin, il incombe à chacun d’être attentif aux personnes isolées dans son entourage – le voisin peu loquace, le collègue renfermé, le parent âgé qui a perdu contact avec le monde extérieur – et de leur tendre la main. Un simple appel téléphonique, une promenade ou une présence peuvent faire une différence significative. L’amour, sous toutes ses formes, protège le cœur.