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comment la Chine augmente la pression sur les États-Unis

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Publié le 10 octobre 2025, 17h30. La perspective d’une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping en marge du sommet de l’APEC en Corée du Sud est sérieusement compromise. Suite au renforcement par la Chine des contrôles à l’exportation sur les métaux des terres rares, l’ancien président américain a annoncé ne plus voir « aucune raison » de s’entretenir avec son homologue chinois.

  • La Chine a intensifié ses restrictions sur l’exportation de métaux des terres rares, des ressources critiques dont elle contrôle déjà 90 % du traitement mondial.
  • Donald Trump a réagi vivement, qualifiant ces mesures de « prise d’otages » et annulant sa disponibilité pour une rencontre prévue fin octobre.
  • Ces nouvelles régulations chinoises visent à freiner l’accès des États-Unis et de leurs alliés à ces matériaux stratégiques, tout en renforçant la dépendance occidentale à l’égard de Pékin.

La Chine a fait savoir sa puissance stratégique en durcissant, jeudi, les exigences d’exportation concernant les métaux des terres rares. Ces éléments, essentiels à de nombreuses industries de pointe, y compris la défense et la fabrication d’aimants, sont majoritairement traités en Chine. Ces restrictions menacent de paralyser des pans entiers de l’économie mondiale qui dépendent de ces approvisionnements. La dernière rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping remonte au sommet du G20 en 2019.

Face à cette démonstration de force, Donald Trump n’a pas caché son exaspération. Sur le réseau social Truth Social, il a estimé que les nouvelles restrictions chinoises, « sorties de nulle part », étaient inacceptables et risquaient de déstabiliser le commerce international. « La République populaire devient de plus en plus hostile », a-t-il écrit, ajoutant que la Chine ne devrait pas être autorisée à prendre le monde « en otage ». En conséquence, l’ancien président américain a déclaré qu’il n’y avait désormais « aucune raison » de rencontrer Xi Jinping. Initialement, une réunion bilatérale était envisagée en marge du sommet de l’APEC fin octobre en Corée du Sud, un projet qui n’avait pas été officiellement confirmé par Pékin.

Les nouvelles règles d’exportation chinoises ciblent particulièrement les secteurs des semi-conducteurs et de la défense. Pékin étend également son contrôle sur les matériaux ultra-résistants, cruciaux pour la technologie militaire. De manière plus stratégique, la Chine cherche à compliquer l’acquisition par les États-Unis, l’Europe et le Japon de leurs propres capacités d’extraction de terres rares. Les contrôles à l’exportation ne concernent plus seulement les métaux eux-mêmes, mais aussi le savoir-faire technologique lié à leur exploitation.

Le choix du moment pour l’instauration de ces nouvelles mesures est éloquent. Il s’agit d’un message clair : l’Occident a besoin de la Chine. Pékin souhaite ainsi inciter Washington à assouplir ses propres restrictions à l’exportation sur les semi-conducteurs de haute performance et les machines de fabrication associées. En contrepartie d’une libéralisation des exportations de terres rares, la Chine pourrait envisager de revoir sa propre politique.

Une éventuelle rencontre entre les deux dirigeants en marge de l’APEC aurait marqué la première discussion en personne depuis 2019. À l’époque, la Chine se trouvait dans une position plus défensive face à la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump. Cependant, le gouvernement chinois semble avoir tiré les leçons de cette période.

Depuis 2020, Pékin a mis en œuvre une stratégie axée sur l’autosuffisance, la résilience et le renforcement de la dépendance occidentale à l’égard de sa technologie. La Chine dispose désormais des moyens et de la volonté d’utiliser cette interdépendance comme levier. Si les États-Unis restreignent l’accès de la Chine aux technologies des semi-conducteurs, Pékin pourrait riposter en limitant l’accès aux terres rares, affectant ainsi également l’Europe et exerçant une pression accrue sur les États-Unis.

Cette confiance renouvelée de la Chine se manifeste également dans la guerre tarifaire engagée par la seconde administration Trump. Si, durant le premier mandat de Trump, près d’un cinquième des exportations chinoises étaient destinées aux États-Unis, cette part s’est réduite à environ 14 %. La Chine a également diversifié ses sources d’approvisionnement en matières premières, s’approvisionnant davantage auprès d’Asie, d’Amérique du Sud, d’Afrique et de Russie. Ce partenariat renforcé avec la Russie, au-delà des bénéfices économiques et énergétiques, permet aux deux nations de se présenter comme des piliers d’un nouvel ordre mondial, en opposition à l’influence américaine.

Alors que la Russie est engagée dans un conflit en Ukraine, mobilisant l’attention et les ressources américaines, notamment dans le contexte tendu du Moyen-Orient, Donald Trump ne semble pas encore avoir défini de stratégie claire vis-à-vis de la Chine. Ce manque de clarté offre un répit stratégique à Pékin.

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