Publié le 2024-05-16 10:00:00. L’Agence spatiale européenne (ESA) a finalisé la construction de son nouveau télescope spatial, Platon, aux Pays-Bas. Ce satellite, conçu pour débusquer des planètes potentiellement habitables, sera lancé en décembre 2026.
- Platon est un satellite de l’ESA dont l’objectif est de découvrir des exoplanètes similaires à la Terre.
- Sa construction est achevée après l’installation du module pare-soleil et des panneaux solaires.
- Le lancement est prévu pour décembre 2026 à bord d’une fusée Ariane 6.
Baptisé Platon, acronyme de « Transits PLANÉTAIRES et Oscillations des étoiles », ce vaisseau spatial est une pièce maîtresse du programme Cosmic Vision de l’ESA. Son ambition est de scruter plus de 150 000 étoiles brillantes pour y déceler de subtiles variations de luminosité, révélateurs du passage d’une planète devant leur face. Il est doté de 26 caméras de haute précision, conçues pour détecter ces infimes fluctuations lumineuses et confirmer l’existence d’exoplanètes. Pour assurer le bon fonctionnement de ces instruments ultrasensibles, une température interne de –80 °C doit être maintenue, nécessitant un système thermique des plus stables.
Le processus d’assemblage final a eu lieu au Centre d’essais de l’ESA à Noordwijk, aux Pays-Bas. C’est là que l’équipe a méthodiquement intégré le module combinant le pare-soleil et les panneaux solaires, fixant cette dernière pièce essentielle à l’arrière du satellite, complétant ainsi sa structure. Selon Thomas Walloschek, directeur de projet à l’ESA, « Le module pare-soleil et les panneaux solaires étaient la dernière pièce essentielle qui manquait. Avec cette opération, nous avons complété le vaisseau spatial Plato. » Des tests ont ensuite été menés pour s’assurer du bon déploiement des panneaux solaires, simulant les conditions d’impesanteur et vérifiant la production d’électricité sous une lumière simulant celle du soleil. Tout s’est déroulé comme prévu.
Le rôle du pare-soleil sera déterminant pour maintenir les instruments scientifiques à l’ombre, les protégeant ainsi de la chaleur solaire et leur permettant de fonctionner avec la sensibilité requise pour capter des signaux potentiels provenant de systèmes planétaires situés à des centaines d’années-lumière.
Bien que sa construction soit désormais achevée, Platon doit encore passer une batterie de tests rigoureux pour éprouver sa robustesse. Il sera soumis à des tests de vibrations et acoustiques, simulant les contraintes d’un lancement spatial. Par la suite, il intégrera le « Grand simulateur spatial », la plus grande chambre cryogénique d’Europe. C’est là qu’il vivra sa première expérience dans un environnement proche de celui de l’espace, confronté à des températures extrêmes, un vide quasi absolu et des radiations. Sa réussite à toutes ces épreuves conditionnera son voyage vers l’espace et sa mission de découverte.
Une fois en orbite, Platon consacrera des années à observer de vastes zones du ciel. Il collectera des données sur la taille, la masse et les orbites des planètes découvertes. Ses observations pourraient révéler de nouveaux mondes rocheux en orbite autour d’étoiles similaires à notre Soleil, potentiellement dotés de conditions favorables à la vie. Au-delà de l’élargissement du catalogue des exoplanètes connues, la mission contribuera à une meilleure compréhension de la formation et de l’évolution des systèmes planétaires. En somme, Platon agira comme un vigilant guetteur cosmique, scrutant silencieusement des milliers d’étoiles pour déterminer si une autre Terre existe quelque part dans l’immensité de l’univers.