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Comment l’agent pathogène sécurise son enveloppe

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Publié le 9 octobre 2025 à 13:30:00. Des chercheurs de l’Université Louis-et-Maximilien de Munich (LMU) ont mis au point une nouvelle technique d’imagerie qui révèle comment le parasite responsable de la toxoplasmose, *Toxoplasma gondii*, absorbe et recycle sa membrane cellulaire. Cette avancée permet de mieux comprendre les différences cruciales avec le parasite du paludisme.

  • Une nouvelle méthode d’imagerie rend visible l’endocytose chez *Toxoplasma gondii*.
  • Le parasite recycle activement sa membrane pour se diviser et survivre.
  • Une protéine clé, Rab5b, joue un rôle différent dans ce processus par rapport au parasite du paludisme.

La toxoplasmose, causée par le parasite unicellulaire *Toxoplasma gondii*, infecte près d’un tiers de la population mondiale. Si elle est souvent asymptomatique chez les individus sains, elle peut présenter des risques graves pour les fœtus et les personnes immunodéprimées, entraînant la destruction des tissus infectés. Le parasite se nourrit en puisant dans les ressources de ses cellules hôtes, un processus appelé endocytose.

Jusqu’à présent, visualiser ce mécanisme chez *Toxoplasma gondii* était difficile, contrairement à son proche parent, le parasite du paludisme *Plasmodium falciparum*. L’équipe du parasitologue Dr Simon Gras, de la LMU, a développé une technologie d’imagerie révolutionnaire. Elle démontre que le parasite absorbe des nutriments par un micropore dans sa membrane. La déformation de ce micropore peut entraîner la mort du parasite, soulignant son importance pour la stabilité membranaire et la survie de *T. gondii*.

Les recherches ont également révélé que *Toxoplasma* recycle activement sa membrane. Il réabsorbe des portions de sa propre enveloppe via le micropore, les réutilisant pour former de nouvelles cellules filles. La protéine Rab5b s’avère essentielle à ce recyclage, constituant des réserves membranaires avant la division cellulaire. En cas d’inhibition de Rab5b, le parasite ne peut recycler ces fragments, ce qui ralentit sa croissance, bien que cela ne suffise pas à le tuer.

« Il est intéressant de noter que *Toxoplasma* diffère considérablement de *Plasmodium* sur ce point », explique le Dr Simon Gras. « Alors que *Toxoplasma* a besoin de Rab5b principalement pour l’organisation de sa membrane, cette protéine est vitale pour l’approvisionnement énergétique du parasite du paludisme. » Cette découverte suggère que les stratégies thérapeutiques ciblant Rab5b pourraient être moins efficaces contre *Toxoplasma* que contre *Plasmodium*. Les chercheurs concluent donc que les médicaments conçus pour le paludisme ne sont pas directement transposables au traitement de la toxoplasmose, malgré la parenté des deux agents pathogènes.


Contacts scientifiques :

Dr Simon Gras
Université Louis-et-Maximilien de Munich (LMU)
Chaire de parasitologie expérimentale
Simon.Gras@para.vetmed.uni-muenchen.de
Profil du Dr Simon Gras sur le site de la LMU


Parution originale :

J. von Knoerzer-Suckow et al. : Le recyclage de la membrane plasmique entraîne la formation de réservoirs lors de la réplication intracellulaire de *Toxoplasma gondii*. *PLOS Biology*, 2025.
Lien vers l’article sur PLOS Biology

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