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Comment l’élimination d’une enzyme pourrait aider à protéger la mémoire contre la maladie d’Alzheimer

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Publié le 14 février 2024 00:27:00. Des chercheurs américains ont identifié une nouvelle cible thérapeutique prometteuse dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer : une enzyme appelée IDOL, dont l’inhibition pourrait renforcer la résistance du cerveau aux lésions et préserver les fonctions cognitives.

  • Plus de 55 millions de personnes dans le monde vivent avec une forme de démence, dont 60 à 70 % sont atteintes de la maladie d’Alzheimer.
  • Une équipe de l’École de médecine de l’Université d’Indiana a découvert que bloquer l’enzyme IDOL réduisait l’accumulation de plaques amyloïdes chez des modèles animaux.
  • Cette approche vise à renforcer la capacité du cerveau à communiquer, même lorsque la maladie est déjà installée, en préservant les connexions synaptiques.

La maladie d’Alzheimer, forme prédominante de démence, affecte la mémoire, la pensée et les activités quotidiennes. Malgré des décennies de recherche, les traitements actuels ne permettent que de ralentir partiellement la progression des dommages cérébraux. Une nouvelle piste thérapeutique vient d’être explorée par des chercheurs américains, offrant un espoir supplémentaire dans la lutte contre cette maladie neurodégénérative.

L’étude, publiée dans Alzheimer & Dementia: The Journal of the Alzheimer’s Association, révèle que l’élimination de l’enzyme IDOL, dans des modèles animaux, réduit l’accumulation de plaques amyloïdes – l’un des principaux marqueurs de la maladie d’Alzheimer – et contribue à maintenir la communication entre les neurones.

Pour mieux comprendre l’importance de cette découverte, il est utile de considérer le cerveau comme une ville. Les neurones seraient les bâtiments, et les connexions entre eux, les rues et les câbles qui permettent à l’information de circuler. Dans la maladie d’Alzheimer, ces voies se remplissent progressivement de « déchets » qui entravent la circulation. L’approche centrée sur IDOL ne se contente pas de réduire ces déchets, mais vise à renforcer les infrastructures pour que la communication puisse se maintenir, même en présence de lésions.

L’étude a été menée par Hande Karahan et Jungsu Kim, spécialistes en génétique médicale et en neurobiologie. Ils se sont concentrés sur l’enzyme IDOL, une protéine qui régule la quantité de certains récepteurs à la surface des neurones. Ces récepteurs agissent comme des antennes, permettant aux cellules de recevoir les signaux essentiels à leur activité et à leur coordination. L’enzyme IDOL contrôle et limite le nombre de ces récepteurs, mais les chercheurs ont constaté que son activité pouvait également influencer l’accumulation d’amyloïde.

En supprimant le gène responsable de la production d’IDOL chez des modèles animaux atteints de la maladie d’Alzheimer, ils ont observé une réduction significative de la formation de plaques amyloïdes. Plus important encore, les connexions synaptiques – les points de contact entre les neurones – sont restées mieux préservées. Autrement dit, en bloquant cette enzyme, les neurones ont conservé davantage de « antennes » pour communiquer, ce qui a contribué à maintenir le réseau cérébral actif.

L’étude a également mis en évidence des effets sur l’apolipoprotéine E (APOE), considérée comme le principal facteur de risque génétique de la maladie d’Alzheimer à apparition tardive. Certaines variantes de cette protéine augmentent considérablement la probabilité de développer la maladie. Les chercheurs ont constaté que la suppression d’IDOL diminuait les niveaux d’APOE dans le cerveau. Ceci est pertinent car l’APOE joue un rôle dans le transport des lipides et est liée à la formation de plaques amyloïdes.

Ces dernières années, des médicaments tels que le lécanemab et le donanemab ont été approuvés, ciblant l’élimination des plaques amyloïdes déjà formées. Ces traitements agissent comme un système de nettoyage, éliminant une partie des dépôts accumulés. L’approche centrée sur IDOL propose une stratégie complémentaire, visant à renforcer la résistance du cerveau aux dommages.

La perte de synapses est directement liée à la détérioration de la mémoire et des autres fonctions cognitives. Par conséquent, préserver ces connexions pourrait être aussi important que de réduire la charge amyloïde. Les chercheurs soulignent que le défi ne consiste pas seulement à éliminer les dépôts de protéines, mais aussi à maintenir la capacité des neurones à communiquer efficacement.

Il est important de souligner que ces résultats ont été obtenus sur des modèles animaux et ne se traduisent pas encore par un traitement disponible pour les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. La prochaine étape consistera à développer des composés capables d’inhiber l’enzyme IDOL en toute sécurité et à évaluer leur efficacité dans des essais cliniques. Un avantage potentiel est que les enzymes ont souvent des structures bien définies, ce qui facilite la conception de médicaments ciblés et précis.

L’équipe de recherche étudie également si cette stratégie pourrait également influencer la protéine tau, un autre élément clé de la maladie d’Alzheimer, associé à la dégénérescence neuronale progressive. Bien qu’il soit encore trop tôt pour parler d’applications cliniques, l’identification d’IDOL comme nouvelle cible thérapeutique ouvre de nouvelles perspectives dans la lutte contre une maladie pour laquelle les options thérapeutiques restent limitées.

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