Home Santé Comment les différents types de douleur influencent-ils l’empathie ?

Comment les différents types de douleur influencent-ils l’empathie ?

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La façon dont nous ressentons la douleur, et notre capacité à comprendre celle des autres, sont intimement liées au type de douleur en question. Une étude allemande récente révèle que les douleurs viscérales, celles qui proviennent de l’intérieur du corps, suscitent une réponse émotionnelle et cognitive plus forte que les douleurs physiques superficielles.

Menée par l’Université de la Ruhr à Bochum (RUB), cette recherche, dont les résultats ont été publiés en février 2026 dans la revue The Journal of Pain (DOI : 10.1016/j.jpain.2025.105631), a impliqué 30 participants en couple depuis au moins trois mois. L’étude s’est déroulée sur quatre jours et visait à évaluer l’impact de différents types de douleur sur l’empathie.

Les participants ont d’abord été évalués sur leur niveau d’empathie général à travers des questionnaires. Ils ont ensuite été exposés à deux types de stimuli douloureux : une sensation de chaleur sur le bas-ventre, représentant une douleur somatique, et une pression abdominale induisant une douleur viscérale. Ils ont ensuite évalué l’intensité et l’inconfort de chaque type de douleur, tant pour eux-mêmes que pour leur partenaire et un inconnu.

Six jours plus tard, les participants ont été invités à imaginer la douleur ressentie par eux-mêmes, leur partenaire et un inconnu. Les chercheurs ont analysé leurs évaluations de l’intensité de la douleur, leur propre excitation émotionnelle face à cette douleur imaginée, et leur niveau d’empathie. Une évaluation supplémentaire en ligne, deux jours plus tard, a permis de mesurer la persistance de ces réponses empathiques.

Les résultats ont démontré que la douleur viscérale provoque des réactions cognitives, affectives et empathiques plus intenses que la douleur somatique. « L’étude montre que la douleur intéroceptive et viscérale induit des réponses cognitives, affectives et empathiques plus fortes que la douleur somatique », explique le Dr Milena Pertz, du département de psychologie médicale et de sociologie médicale de la RUB. « Cela se vérifie aussi bien du point de vue personnel que lorsqu’on imagine la douleur ressentie par autrui. »

Les participants ont jugé la douleur viscérale plus intense et désagréable que la douleur thermique, et ont également exprimé une plus grande inquiétude empathique et une détresse personnelle plus forte. Cet effet était particulièrement marqué lorsqu’ils envisageaient la douleur ressentie par leur partenaire. « Cette différence est restée stable même huit jours après l’application des stimuli douloureux, en l’absence de toute stimulation nocive », précise le Dr Pertz.

Selon la RUB, ces découvertes contribuent à une meilleure compréhension de l’influence des signaux internes du corps sur le comportement psychosocial. Elles ouvrent également la voie à de futures recherches sur les facteurs qui prédisposent à des réactions empathiques, notamment chez les patients souffrant de douleur et chez les personnes qui les accompagnent, comme les soignants et les professionnels de la santé.

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