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Comment l’intelligence artificielle peut unifier les dossiers médicaux

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Publié le 2025-10-11 12:04:00. Alors que les avancées médicales promettent une longévité accrue, un expert souligne l’importance de redéfinir nos approches du bien-être et de la formation des habitudes, notamment grâce à l’intelligence artificielle.

  • Une nouvelle vision de la longévité : il ne s’agit plus seulement de vivre plus vieux, mais de rajeunir.
  • L’IA comme catalyseur : elle pourrait unifier les données de santé fragmentées et personnaliser les soins.
  • La formation des habitudes : le mythe des 21 jours est battu en brèche par une moyenne de 66 jours, avec une grande variabilité individuelle.

Le concept de « vitesse de fuite de la longévité » gagne du terrain. Cet automne, le terme est devenu célèbre suite aux propos de l’épidémiologiste américain Derya Unutmaz : « Ne mourez pas dans les dix prochaines années. » L’idée repose sur l’accélération sans précédent des progrès en santé, qui permettraient, selon lui, d’atteindre d’ici une décennie des processus d’inversion du vieillissement déjà approuvés par les instances réglementaires.

« L’objectif n’est pas tant d’allonger l’espérance de vie actuelle, mais de l’inverser, c’est-à-dire de retrouver une jeunesse génétique et physique », explique Tomás García, 33 ans, installé à San Francisco où il dirige le département comportemental de Verify, une entreprise d’IA spécialisée dans la santé, filiale d’Alphabet (Google). Ce natif de Bahía Blanca, diplômé de Columbia, observe de près les convergences entre les révolutions technologique et scientifique, l’essor du bien-être et les avancées en psychologie comportementale.

Chez Alphabet, les « Google Moonshots » désignent des projets ambitieux visant à résoudre des problèmes mondiaux par la technologie. Verily, née de cette philosophie au sein du laboratoire d’innovation Google X en 2015, s’inscrit dans cette démarche. Sa mission est de proposer des solutions de santé personnalisées et précises, en combinant expertises clinique, réglementaire et technologique.

« Nous observons des progrès considérables dans les domaines prédictif et diagnostique, permettant une détection précoce des maladies et le développement de nouveaux traitements et vaccins », détaille Tomás García. Un autre axe majeur est celui de la médecine de précision, avec une intégration croissante des données patient. « Le système de santé est très fragmenté, les informations dispersées. Il est encore difficile de construire une vision globale de la santé d’un patient pour anticiper ses besoins futurs », constate-t-il. L’intelligence artificielle pourrait pallier ces lacunes, en créant des dossiers médicaux unifiés et en aidant les professionnels à prendre de meilleures décisions.

Quant à la formation des habitudes, le mythe des 21 jours pour en acquérir une est largement dépassé. Une étude de Phillipa Lally (University College London) menée sur 96 volontaires révèle un délai moyen de 66 jours pour qu’un comportement devienne automatique. Cependant, la durée varie considérablement, de 18 à 254 jours. La clé réside dans la fréquence et l’automaticité : la répétition constante d’un comportement jusqu’à ce qu’il devienne une réponse quasi inconsciente à un stimulus.

Pour que les technologies de santé favorisent l’adoption d’habitudes, il faut combiner la mécanique de l’habitude (stimulus-action-récompense) avec la motivation. « La prochaine fois que votre téléphone vibrera (stimulus), vous aurez envie de marcher (action) pour ressentir cette agréable sensation de fatigue et de détente (récompense) », illustre Tomás García. Le piège, selon lui, est de négliger la motivation intrinsèque des individus, leur désir réel, au profit de mécanismes extrinsèques qui finissent par lasser. Aux États-Unis, 70% des utilisateurs d’applications de bien-être abandonnent leur usage en moins de trois mois, souvent par manque de motivation profonde.

Les systèmes de récompense basés sur des points ou des gains monétaires, bien qu’efficaces pour une adhésion initiale, ne suffisent pas sur le long terme. Lorsque l’utilisateur passe d’une motivation extrinsèque à une motivation intrinsèque, ces éléments perdent de leur pertinence, voire deviennent contre-productifs.

Sur le plan personnel, Tomás García privilégie la méditation quotidienne, au moins 20 à 30 minutes, pour prendre du recul, cultiver l’humilité et la compassion, et gérer ses « vitesses internes ». Il insiste sur l’importance d’une approche holistique du bien-être, où le repos, les relations sociales et une alimentation saine se complètent, plutôt que de miser sur des « solutions magiques ».

Dans le domaine du bien-être, il note une surabondance d’informations, potentiellement traître, qui peut réduire la spontanéité et accroître la pression personnelle. Il souligne en revanche l’importance sous-estimée de la foi, qu’elle soit dirigée vers une puissance supérieure, l’univers ou des êtres chers, comme source de sens et d’ancrage face à l’incertitude.

Parmi les biais cognitifs néfastes au bien-être, l’excès de confiance est particulièrement prégnant, nous amenant à sous-estimer les risques qui nous concernent. Il évoque également la « règle de pointe et de fin », un raccourci mental où nous retenons principalement les moments les plus intenses d’une expérience et sa conclusion. Comprendre ce biais est essentiel pour concevoir des interventions de santé qui optimisent l’expérience globale du patient.

En matière d’outils d’IA pour améliorer les habitudes, Tomás García recherche des solutions qui agissent aussi bien dans le monde réel que dans l’application. Il insiste sur les outils qui renforcent le sentiment de responsabilité personnelle et l’engagement, car les gens détestent se trahir. Au-delà des mécanismes d’engagement, ce sont les motivations profondes, le « grand pourquoi », qui animent véritablement l’action. Les applications qui intègrent cette dimension humaine sont celles qui connaîtront le plus de succès.

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