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Comment puis-je aider ma fille de 19 ans à gérer sa panique ?

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Publié le 14 octobre 2025. Une mère s’inquiète de l’anxiété et des crises de panique de sa fille de 19 ans, qui ont débuté il y a un an suite à des changements majeurs dans sa vie, notamment ses études dans une autre ville. Des experts proposent des pistes pour l’accompagner.

  • Soutenir sans minimiser ou vouloir corriger immédiatement les ressentis de l’étudiante.
  • Favoriser la « co-régulation » pendant les crises en transmettant calme et sécurité.
  • Discuter à froid des besoins de soutien et des stratégies efficaces.

« Notre fille de 19 ans souffre d’anxiété et de crises de panique », confie une mère dans la rubrique « Élevé », un espace dédié aux interrogations sur l’éducation, géré anonymement pour aborder des sujets sensibles. La jeune femme est suivie par des professionnels, mais continue d’appeler sa mère lorsque le mal-être devient trop intense, se sentant souvent très déprimée par ces épisodes qui durent depuis environ un an. « Je pense que c’est lié aux changements majeurs dans sa vie, comme ses études dans une autre ville », analyse la mère, tout en soulignant que sa formation lui convient par ailleurs. Elle tente de rassurer sa fille avec des phrases comme « Regarde l’horizon, respire calmement », tout en privilégiant l’écoute et en limitant les conseils, conscients que la jeune femme a déjà une charge mentale importante. La peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas apporter de contribution valable et de se sentir inférieure aux autres semble être le principal déclencheur des crises, souvent liées aux situations d’enseignement.

Anke Klein, directrice du centre de connaissances sur l’anxiété et le stress chez les jeunes à l’Université de Leiden, rappelle qu’en tant que parent, on n’est pas seul face à ces difficultés. Elle confirme que de nombreux étudiants sont confrontés à la panique et à la tristesse, les transitions de vie majeures comme les études et le déménagement accentuant une sensibilité accrue. « Quand un enfant panique appelle, c’est bien si le parent prend le temps et écoute calmement, sans banaliser ou chercher à corriger immédiatement », conseille-t-elle, félicitant la mère pour sa démarche. Elle suggère de discuter avec la fille dans un moment de calme pour définir ensemble la meilleure façon de la soutenir. La recherche montre que partager des moments agréables, comme faire du shopping ou prendre un thé, peut aider à lutter contre la tristesse et l’anxiété. Elle rappelle également qu’il est légitime de chercher du soutien pour soi-même en consultant un médecin généraliste, par exemple.

Tischa Neve, psychologue pour enfants et auteure de « Devenez le parent que vous voulez être », salue le suivi professionnel de la jeune femme et souligne la période difficile que traversent les jeunes adultes, soumise à de fortes exigences sociétales, potentiellement exacerbées par la période de pandémie. « Comme c’est merveilleux qu’elle t’appelle à un tel moment, cela signifie qu’elle se sent en sécurité avec toi », affirme-t-elle. Elle insiste sur l’importance de la « co-régulation » : parler calmement, respirer et utiliser un langage de connexion tel que « Je suis là chérie ». Selon elle, tenter de la convaincre qu’il n’y a rien à craindre ou de lui rappeler ses réussit est inefficace lorsque le cerveau est en mode alarme. Il est essentiel pour le parent de vérifier son propre état émotionnel : est-il capable de transmettre le calme ou est-il lui-même submergé ?

Une fois que la crise s’est atténuée, il est possible de rappeler les stratégies qui ont fonctionné par le passé. Tischa Neve suggère d’accepter qu’un simple émoticône puisse suffire à la jeune femme pour signaler qu’elle va mieux. Par la suite, lors de moments plus calmes, il est pertinent d’aborder ses convictions et de lui exprimer sa compassion, voire son désir de l’aider à surmonter cette épreuve. La question « J’aimerais être là pour vous, de quoi avez-vous besoin à un tel moment ? Et avez-vous appris quelque chose à ce sujet grâce à la thérapie ? » peut ouvrir la voie à une meilleure compréhension mutuelle et à une collaboration plus efficace avec les professionnels.

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