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Comment testez-vous les produits pour l’efficacité virucide?

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La récente pandémie de COVID-19 a stimulé une recherche effrénée de solutions capables d’endiguer la propagation des virus. En conséquence, la demande pour des tests d’efficacité antivirale n’a cessé de croître. Si les fabricants de produits désinfectants se sont précipités pour obtenir des allégations « anti-SARS-CoV-2 », de nouvelles entreprises ont vu le jour, espérant proposer la « prochaine grande découverte » capable d’éliminer le virus de l’air, de nos mains et des surfaces. Ce phénomène se répète à chaque apparition d’un nouveau virus. Mais comment ces tests sont-ils concrètement réalisés ? Cet article vous éclaire sur la méthode employée par les laboratoires pour déterminer si un produit est réellement efficace pour neutraliser les virus.

Une approche différente pour les virus

Tester l’efficacité d’un produit biocide contre les bactéries est relativement simple. On prélève l’agent pathogène, on le met en contact avec le produit à tester, puis on observe le taux de survie. Ce taux est généralement quantifié visuellement par des unités formant des colonies (UFC), comptées au microscope ou même à l’œil nu.

Cette méthode convient parfaitement aux organismes vivants unicellulaires capables de se reproduire et de puiser de l’énergie dans leur environnement. Elle est efficace pour les agents pathogènes visibles au microscope conventionnel. Cependant, les virus ne sont pas considérés comme vivants au sens propre : ils ne se reproduisent pas par eux-mêmes et leur nombre n’est pas facilement quantifiable visuellement. Leur taille est si minuscule qu’un microscope électronique à balayage est nécessaire pour les observer. Même avec cet équipement, il est impossible d’évaluer le niveau de propreté d’une surface à l’œil nu. Autrement dit, impossible de « voir » les virus pour s’assurer de leur absence.

Mesurer l’impact, pas le virus lui-même

La solution réside dans une approche indirecte : au lieu de mesurer le virus lui-même, on mesure les dommages qu’il cause à des éléments quantifiables : des cellules animales. Voici le principe, simplifié pour une meilleure compréhension :

  1. Un échantillon de virus est mis en contact avec le produit à tester pendant une durée déterminée.
  2. À l’issue de ce temps de contact, la surface du produit est prélevée à l’aide d’un écouvillon. Si des particules virales viables sont encore présentes, elles sont collectées par cet écouvillon.
  3. L’échantillon prélevé est ensuite déposé sur des cellules animales cultivées en boîte de Pétri.
  4. La boîte est scellée et incubée. La durée de cette incubation varie selon le virus : comptez 1 à 2 jours pour la grippe, et 7 à 10 jours pour le SARS-CoV-2. Durant cette période, si des particules virales viables ont été transférées, elles vont infecter et détruire les cellules animales.
  5. Après l’incubation, les cellules animales sont examinées au microscope. Le nombre de cellules détruites est alors comptabilisé, ce qui révèle la quantité de virus ayant survécu au traitement.

C’est ainsi que l’on procède : en l’absence de mesure directe, on évalue l’impact sur un élément mesurable. Bien que cette méthode soit plus longue, en raison de la nécessité d’attendre la période d’incubation, son principe fondamental n’a guère évolué depuis une centaine d’années. D’ailleurs, l’existence même des virus a d’abord été suggérée lorsque des scientifiques ont observé qu’une substance pouvait affecter des cellules bactériennes étudiées, même après avoir été filtrée. Aujourd’hui, malgré nos connaissances accrues sur les virus, cette méthode de base reste le pilier de la détection ou de l’élimination virale.

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