Home Santé Comprendre les 4 modèles de soins de santé : la place des États-Unis

Comprendre les 4 modèles de soins de santé : la place des États-Unis

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Le système de santé américain, réputé pour ses coûts élevés, reste paradoxalement opaque quant à son fonctionnement réel. Entre modèles de financement variés et absence de supervision centralisée, comprendre les rouages de ce système complexe est essentiel pour évaluer son efficacité.

Il existe, fondamentalement, quatre modèles de soins de santé à travers le monde. Le modèle Beveridge, comme celui du Royaume-Uni, repose sur un financement public intégral via l’impôt. Le modèle Bismarck, en vigueur en Allemagne, combine les cotisations salariales des employeurs et des employés au sein d’assurances privées. Le Canada, quant à lui, utilise un système d’assurance nationale où les fonds proviennent des cotisations de tous les citoyens, mais les soins sont dispensés par des prestataires privés. Enfin, le modèle hybride, tel qu’on le trouve aux États-Unis, combine ces approches : l’assurance employeur (Bismarck) coexiste avec un système d’assurance universelle pour les plus de 65 ans et les personnes à faibles revenus, et un système de soins dédié aux anciens combattants (Beveridge).

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) établit six critères essentiels pour un système de santé performant : des soins de qualité, une réactivité aux besoins des patients, un financement équitable, une efficacité et une équité dans l’accès aux soins, un accès aux médicaments essentiels, et une gouvernance solide. Pourtant, malgré la présence d’hôpitaux de renommée mondiale, l’OMS classe les États-Unis en queue de peloton des pays développés en matière de santé.

La gouvernance du système de santé américain se distingue par son caractère fragmenté. Contrairement à la plupart des nations dotées d’un ministère de la Santé, elle repose sur une collaboration entre le pouvoir exécutif, le Congrès et les autorités des États. Plusieurs acteurs clés assurent le fonctionnement du système :

  • Le Cabinet : Le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux (HHS), actuellement Robert F. Kennedy Jr., supervise un budget colossal de 2 000 milliards de dollars (environ 1 860 milliards d’euros) et les principales divisions opérationnelles liées à la santé publique, à la sécurité alimentaire et à l’assurance.
  • Financement et assurance : Le Dr Mehmet Oz, administrateur des Centers for Medicare & Medicaid Services (CMS), gère les programmes d’assurance santé pour plus de 170 millions d’Américains via Medicare, Medicaid et le marché de l’assurance maladie.
  • Santé publique : Le Dr Casey Means, chirurgien général des États-Unis, conseille le public sur les risques sanitaires et la prévention des maladies.
  • La Food and Drug Administration (FDA) : Sous la direction du Dr Martin Makary, elle réglemente la sécurité et l’efficacité des produits médicaux, des médicaments et de l’alimentation.
  • Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) : Dirigés par intérim par James O’Neill, ils coordonnent la prévention et le contrôle des maladies infectieuses et chroniques.
  • Le pouvoir législatif : Les commissions sénatoriales des finances et de l’énergie et du commerce de la Chambre sont chargées de l’élaboration des lois et de l’allocation budgétaire pour la santé.
  • Les États : Ils sont responsables de l’agrément des professionnels de santé, de la réglementation des assurances privées et des réformes de la responsabilité médicale.

Un aspect particulièrement problématique du système américain est la question de la faute médicale. Contrairement à l’approche préconisée par l’OMS, qui encourage le signalement volontaire des erreurs sans crainte de sanctions, la responsabilité médicale aux États-Unis est principalement régie par des litiges civils, menés par des avocats plutôt que par des agences de santé. Cette situation engendre des coûts importants, notamment en raison de l’assurance contre la faute professionnelle médicale, dont les primes augmentent en raison de verdicts élevés, certains dépassant les 229,6 millions de dollars (environ 215 millions d’euros). On estime que la médecine défensive, pratiquée pour limiter les risques juridiques, ajoute plus de 50 milliards de dollars (environ 46,7 milliards d’euros) par an aux dépenses de santé.

La crainte des litiges peut également entraîner une « fuite des médecins », les spécialistes quittant les États où la responsabilité médicale est la plus élevée pour s’installer dans des régions plus favorables, créant ainsi des pénuries de soins. De plus, l’essor de l’intelligence artificielle et l’évolution des rôles des infirmières praticiennes et des assistants médicaux soulèvent de nouvelles questions en matière de responsabilité et d’assurance.

Bien que les litiges pour faute professionnelle médicale puissent servir de contrôle de qualité, en permettant aux hôpitaux d’analyser les erreurs et d’améliorer leurs protocoles, il est crucial de trouver un équilibre pour éviter qu’ils ne servent uniquement les intérêts d’un groupe spécifique, comme les avocats, selon le Dr Howard Smith, obstétricien-gynécologue.

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