Home Santé Consultation en bordure de rue avec le Dr Jayne 16/02/26 – HIStalk

Consultation en bordure de rue avec le Dr Jayne 16/02/26 – HIStalk

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La simple question de savoir comment nommer les systèmes d’information de santé peut déclencher des débats passionnés, révélant des enjeux plus profonds liés à l’identité professionnelle, à l’éthique et à la communication au sein du secteur médical. Une récente conversation entre spécialistes de l’informatique clinique a mis en lumière ces subtilités, allant de la préférence pour les acronymes « DME » ou « DSE » aux réflexions sur le sens des mots et leur impact sur la pratique.

Le point de départ de cette discussion, comme le raconte l’un des participants, était une constatation anodine : le plus jeune membre du groupe avait franchi le cap de la vingtaine. Mais rapidement, l’échange a dévié vers des questions plus techniques et conceptuelles. Si aucun d’entre eux n’avait initialement cherché un emploi spécifiquement dans la technologie, chacun avait été attiré par le domaine en identifiant des besoins et en proposant des solutions.

Un des intervenants a évoqué son expérience initiale, motivée par une formation d’ingénieur et le désir de positionner son établissement comme un leader en matière de cartographie électronique. Il a collaboré avec une grande entreprise technologique pour créer un référentiel clinique, qui a évolué au fil des années, passant d’un seul hôpital à un système complexe intégrant les données de multiples établissements suite à des fusions et acquisitions. La gestion de ce référentiel a nécessité une expertise clinique pour garantir la normalisation des valeurs de laboratoire et des commandes de tests.

Après plus de deux décennies d’utilisation, ce système a finalement été abandonné au profit d’une plateforme unique, fruit d’un investissement de 500 millions de dollars (environ 300 millions d’euros). Cette transition a ravivé le débat sur la terminologie, notamment l’utilisation des acronymes DME (Dossier Médical Électronique) et DSE (Dossier de Santé Électronique). Certains participants avouaient les utiliser de manière interchangeable, contraints de jongler avec les différents dictionnaires pour éviter les corrections automatiques des systèmes informatiques.

La discussion a ensuite porté sur la gestion de ces subtilités par des logiciels comme Microsoft Office, où les paramètres sont souvent spécifiques à chaque appareil plutôt qu’à l’utilisateur. Un des participants a souligné la difficulté de trouver les réglages appropriés, même lors de l’achat d’un nouvel ordinateur portable.

Au-delà de la simple question technique, l’échange a révélé des préférences marquées. L’un des membres du groupe a estimé que le terme « dossier de santé » était plus complet que « dossier médical », ce dernier étant perçu comme plus restrictif et potentiellement lié à des approches moins fondées sur des preuves scientifiques.

Une recherche rapide sur internet a confirmé que les DME sont généralement utilisés par les cliniciens pour le diagnostic et le traitement, tandis que les DSE sont conçus pour être partagés avec les patients. Les DME sont également considérés comme moins vulnérables aux problèmes de cybersécurité, étant donné qu’ils ne sont pas directement accessibles aux patients.

Cependant, les participants ont souligné qu’ils n’avaient pas rencontré de problèmes de cybersécurité liés à l’accès des patients aux DSE, mais plutôt des tentatives de phishing ciblant le personnel médical. Ils ont évoqué un article de blogue de l’ASTP/ONC datant de 2011, dont le contenu semblait avoir été repris par certaines entreprises du secteur.

La plupart des participants ont convenu que la question était devenue une question de style et que l’utilisation interchangeable des termes par les fournisseurs n’était pas problématique. Certains ont toutefois souligné que certaines organisations avaient défini des directives claires concernant la terminologie à utiliser.

La conversation a pris une tournure plus philosophique avec une réflexion sur « l’importance des mots ». L’un des participants, un docteur en médecine ostéopathique, a exprimé son agacement face à l’utilisation de « MD » comme abréviation de « docteur », soulignant que les deux termes ont le même nombre de syllabes et qu’il n’y a donc pas de justification à utiliser une forme qui pourrait aliéner certains médecins.

Un article récent publié dans Annals of Internal Medicine, portant sur « l’importance éthique des noms dans les soins de santé », a été évoqué. L’article analyse le débat entre les termes « médecin » et « prestataire », considérant ce dernier comme contribuant à une « déprofessionnalisation » du métier. Les auteurs suggèrent même de supprimer complètement le terme « prestataire », préférant « clinicien » ou « professionnel de la santé ».

« Les médecins devraient être appelés médecins, et non prestataires », affirment-ils, citant même Shakespeare pour illustrer leur propos.

L’échange a également abordé la distinction entre « informatique clinique » et « informatique médicale », ainsi que les nuances entre les termes « informaticien » et « informaticien », faisant référence à une étude de 2024 qui explore l’histoire de ces deux appellations.

En fin de compte, cette conversation informelle a rappelé à chacun l’importance de la collaboration et de la compréhension mutuelle au sein d’un secteur en constante évolution. « Que vous soyez informaticien ou informaticien, puissiez-vous mieux collaborer que les Montague et les Capulet », ont plaisanté les participants, reprenant une citation adaptée de Shakespeare.

Votre organisation utilise-t-elle le DME ou le DSE ? Quels termes ou slogans vous irritent particulièrement ? N’hésitez pas à partager votre opinion en laissant un commentaire ou en envoyant un courriel au Dr Jayne.

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