Une étude internationale majeure sur l’impact environnemental de l’alimentation suscite des interrogations quant à la représentation géographique de ses auteurs. Si la Commission EAT-Lancet propose des pistes pour atténuer le changement climatique lié à l’agriculture, le manque de diversité parmi ses contributeurs, notamment en provenance des pays les plus vulnérables, est pointé du doigt.
La Commission EAT-Lancet, dirigée par Johan Rockström et ses collègues, souligne la nécessité d’une approche multidisciplinaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et l’utilisation des terres agricoles. Elle affirme notamment que « les régions à faible revenu et à revenu intermédiaire (par exemple, la Chine, le Brésil et l’Afrique subsaharienne) sont responsables des plus grandes réductions d’émissions et d’utilisation des terres agricoles dans les pays EAT-Lancet et ELM [EAT–Lancet Mitigation] ».
Cependant, malgré un appel à la représentation et la participation de contributeurs issus de six continents, la composition de l’équipe de 70 auteurs révèle un déséquilibre frappant. Seul un auteur est originaire d’Éthiopie, un du Mexique, un de Colombie, aucun de Chine, un d’Indonésie, deux d’Inde et un de Taïwan. Cette faible représentation des pays qui seront probablement les plus touchés par les conséquences du changement climatique lié à l’alimentation soulève des questions sur l’équité et la pertinence des recommandations formulées.
La Commission EAT-Lancet vise à éclairer les réflexions dans de nombreux domaines scientifiques afin de trouver des solutions pour un système alimentaire plus durable. La question de la représentation géographique de ses auteurs met en lumière la complexité de la recherche d’un consensus mondial sur ces enjeux cruciaux.