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CPI : Décision sur les charges retenues contre Duterte

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Publié le 23 février 2026 à 06h08. L’ancien président philippin Rodrigo Duterte, accusé de crimes contre l’humanité pour sa sanglante « guerre contre la drogue », est actuellement jugé par la Cour pénale internationale (CPI) aux Pays-Bas, tandis qu’aux Philippines, une lutte de pouvoir émerge entre sa fille et l’actuel président.

  • Rodrigo Duterte est accusé par la CPI de crimes contre l’humanité liés à des centaines de meurtres commis pendant sa présidence et son mandat de maire de Davao.
  • La CPI a jugé M. Duterte apte à être jugé, rejetant les arguments de sa défense concernant ses capacités cognitives.
  • Aux Philippines, la fille de Duterte, Sara, s’est déclarée candidate à la présidence pour 2028, défiant le fils de l’ancien dictateur Ferdinand Marcos, l’actuel président.

La Cour pénale internationale poursuit ses investigations sur le rôle de Rodrigo Duterte dans les exactions commises durant sa « guerre contre la drogue ». L’ancien chef d’État, arrêté à Manille en mars 2025 et transféré aux Pays-Bas, est détenu à la prison de Scheveningen, près de la mer du Nord. Sa première audience s’est déroulée par visioconférence, où il s’est limité à donner son nom, sa date de naissance (28 mars 1945) et son lieu de résidence, restant silencieux sur les accusations portées contre lui.

Les procureurs de la CPI l’accusent d’être impliqué dans au moins 76 meurtres. L’acte d’accusation détaille trois chefs d’accusation : son rôle présumé dans 19 meurtres commis entre 2013 et 2016 lorsqu’il était maire de Davao, 14 meurtres de « cibles de grande valeur » en 2016 et 2017 pendant sa présidence, et 43 meurtres lors d’opérations de « nettoyage » contre des consommateurs et revendeurs de drogue présumés entre 2016 et 2018. Selon les procureurs, ces opérations ont entraîné la mort de milliers de personnes, de manière systématique. Les organisations de défense des droits humains estiment que le nombre réel de victimes pourrait se situer entre 12 000 et 30 000.

La CPI a rejeté la demande de libération anticipée de M. Duterte, invoquant un risque de fuite et une possible influence sur les témoins. Elle a également estimé qu’il était capable de comprendre et de participer à la procédure judiciaire, malgré les arguments de sa défense concernant une possible détérioration de sa mémoire à court terme.

Parallèlement, une lutte de pouvoir se dessine aux Philippines. Sara Duterte, actuelle vice-présidente, a annoncé sa candidature à la présidence pour 2028, défiant ainsi Ferdinand Marcos Jr., le fils de l’ancien dictateur Ferdinand Marcos. Les candidats à la présidence et à la vice-présidence se présentent séparément et sont élus indépendamment, ce qui permet une compétition directe entre les deux figures politiques. Un tribunal philippin a récemment bloqué une tentative de destitution de Sara Duterte, qui était accusée de corruption et d’implication dans un complot d’assassinat contre Marcos Jr.

La Cour pénale internationale, qui poursuit les responsables de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, n’est pas un tribunal des Nations Unies. Les États-Unis contestent sa compétence sur les citoyens américains et leurs alliés, et ont imposé des sanctions à certains membres de la Cour. Plus d’informations sur l’inculpation de Duterte par la CPI.

Vue de la capitale philippine Manille

Getty Images/Nikada

Une vue de la capitale philippine Manille

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