Publié le 7 février 2026 09:04:00. Des chercheurs danois ont identifié des biomarqueurs sanguins prometteurs pour détecter précocement le diabète lié à la mucoviscidose, une complication fréquente et parfois insidieuse de cette maladie génétique.
- L’analyse de microARN circulants dans le sang permet de distinguer les patients atteints de diabète lié à la mucoviscidose (CFRD) de ceux présentant une simple intolérance au glucose.
- Les niveaux de ces microARN évoluent rapidement pendant un test de tolérance au glucose (OGTT), offrant une fenêtre d’observation dynamique.
- Certains de ces microARN influencent directement la fonction des cellules productrices d’insuline.
Le diabète lié à la mucoviscidose (CFRD) constitue la complication la plus courante de la mucoviscidose (FK), une maladie génétique affectant principalement les poumons et le système digestif. Sa détection précoce est cruciale, car les premiers signes d’altération de la glycémie peuvent être discrets et passer inaperçus. Une équipe de chercheurs danois a exploré la possibilité d’utiliser des microARN circulants – de petites molécules d’ARN présentes dans le sang – comme biomarqueurs pour améliorer le diagnostic et le suivi de cette forme de diabète.
L’étude, menée auprès de 93 adultes atteints de mucoviscidose, a consisté à analyser les microARN présents dans des échantillons de sérum prélevés lors d’un test oral de tolérance au glucose (OGTT). Ce test permet d’évaluer la capacité de l’organisme à métaboliser le glucose après l’ingestion d’une solution sucrée. Les chercheurs ont prélevé des échantillons à différents moments pendant le test, afin de suivre l’évolution des niveaux de microARN en temps réel.
Les participants ont été répartis en quatre groupes en fonction de leur tolérance au glucose : tolérance normale, tolérance indéterminée, tolérance altérée et CFRD. L’analyse des données a révélé des différences significatives dans les profils de microARN entre ces groupes. Quatre microARN ont montré des niveaux différents dès le début du test, tandis que d’autres ont présenté des variations en réponse à l’ingestion de glucose, en fonction de l’état de tolérance de chaque patient.
Plus précisément, les chercheurs ont constaté que les niveaux de miR-34a-5p et de miR-122-5p étaient élevés chez les patients présentant une tolérance au glucose indéterminée ou un CFRD, et étaient associés à des marqueurs de lésions hépatiques. Un troisième microARN, miR-223-3p, a montré des schémas de réponse distincts au cours de l’OGTT en fonction de la catégorie de tolérance au glucose. Ces résultats suggèrent que l’analyse des microARN circulants pourrait permettre de mieux discriminer les différents états métaboliques associés à la mucoviscidose.
Pour comprendre les mécanismes potentiels en jeu, les chercheurs ont étudié l’impact de ces microARN sur les cellules sécrétant de l’insuline. Ils ont découvert que la surexpression de miR-122-5p et de miR-223-3p augmentait la sécrétion d’insuline stimulée par le glucose, tandis que la surexpression de miR-34a-5p réduisait la viabilité cellulaire. Ces observations suggèrent que les microARN pourraient jouer un rôle dans la régulation de la fonction pancréatique et de la réponse au glucose.
Les auteurs de l’étude estiment que ces microARN pourraient constituer de précieux biomarqueurs pour le diagnostic et le suivi du diabète lié à la mucoviscidose, et refléter une interaction complexe entre les différents organes impliqués dans le métabolisme du glucose et la fonction pancréatique.
Référence : Westholm E et al. Les changements dynamiques dans les microARN en circulation au cours des tests de tolérance au glucose par voie orale soutiennent leur potentiel en tant que biomarqueurs de diagnostic et de surveillance du diabète lié à la mucoviscidose. Diabétologie. 2026 ; est ce que je:10.1007/s00125-025-06645-7.