La pandémie de Covid-19 a bouleversé le monde de manière inédite, tant par son ampleur que par ses répercussions profondes sur l’économie mondiale et notre perception de la normalité. Si les premiers mois nous ont alertés sur des changements fonctionnels majeurs dans notre quotidien, l’ampleur des failles révélées au sein du système de santé mondial est apparue avec une acuité déconcertante. Cet article se propose d’éclairer les points de vulnérabilité de ce réseau de soins et les efforts déployés pour tenter d’y remédier.
À l’échelle planétaire, nos systèmes de santé collectifs n’étaient pas conçus pour faire face à une telle catastrophe sanitaire. Une crise d’une ampleur et d’une imprévisibilité rares, qui a exigé une mobilisation urgente des ressources. Il serait donc aujourd’hui largement superflu de débattre de la réussite ou de l’échec de ces systèmes face à cette épreuve. Il est cependant essentiel de constater que le paysage de la santé, particulièrement dans les pays développés, a connu une transformation notable au cours des deux dernières années.
Examinons certains de ces changements, dans le contexte de la lutte contre la pandémie de Covid-19.
Déséquilibre des priorités : les maladies chroniques au détriment de la préparation
La pandémie a mis en lumière une orientation du système de santé mondial qui privilégiait les maladies chroniques non transmissibles, telles que le diabète et les affections cardiaques, au détriment d’une préparation adéquate face à une nouvelle menace virale.
Leçons tirées de la pandémie : l’essor des soins ambulatoires
Au cours des dernières années, une transition s’est opérée, plaçant les soins ambulatoires au premier plan par rapport aux hospitalisations. Si le renforcement des infrastructures hospitalières était une préoccupation, il est désormais évident que l’efficacité globale dans la gestion du virus aurait été considérablement améliorée par une mise en avant précoce des structures ambulatoires.
Investissement dans la spécialisation et l’innovation : une nécessité face aux défis émergents
La pandémie de Covid-19, par son caractère incertain et sa diffusion rapide, a engendré une crise d’une nature inédite. Si l’objectif principal avait été de mobiliser la population face à cette menace, nous naviguerions aujourd’hui dans des eaux plus calmes, voire plus sûres.
La sous-estimation flagrante de la prévention brute
Dans les pays membres de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), moins de 3 % des dépenses de santé étaient consacrés à la prévention en 2015. La majorité de ces nations investissait entre 2 % et 4 % de leur Produit Intérieur Brut (PIB), un chiffre relativement stable sur la durée. Par ailleurs, la moitié de ces dépenses préventives était allouée à des programmes de maintien en bonne santé, tels que les bilans de santé et les examens dentaires. La promotion de la santé représentait 25 %, tandis que les programmes de vaccination et de dépistage se partageaient les 10 % restants. Bien que diverses campagnes de vaccination et de dépistage se soient avérées rentables, voire économiques, l’utilité des bilans de santé généraux, y compris dentaires, suscite un consensus plus mitigé.
En conclusion, il est impératif que chaque système de santé reconnaisse ses lacunes et mette en œuvre activement des mesures pour garantir que nous soyons, en tant que réseau collectif, mieux préparés à faire face aux futures catastrophes sanitaires.