Publié le 2024-02-29 10:30:00. Une nouvelle étude clinique met en évidence l’efficacité de la thérapie interpersonnelle brève pour réduire les symptômes dépressifs pendant la grossesse et prévenir la dépression post-partum jusqu’à un an après l’accouchement.
- La thérapie interpersonnelle brève (TIP) réduit significativement et rapidement les symptômes de la dépression chez les femmes enceintes.
- Les effets bénéfiques de la TIP se maintiennent pendant la première année post-partum, diminuant le taux de troubles dépressifs majeurs (TDM).
- Cette intervention psychologique pourrait avoir des effets positifs sur le développement cérébral du bébé.
La grossesse est une période de vulnérabilité accrue pour les femmes, même en l’absence d’antécédents psychiatriques. Des recherches récentes, menées par les docteurs Elysia Davis et Benjamin Hankin, confirment l’intérêt de la thérapie interpersonnelle comme outil de prévention et de traitement de la dépression périnatale. Leur essai clinique randomisé, baptisé « The Care Project », a impliqué 234 femmes enceintes présentant des symptômes dépressifs élevés.
Les participantes, recrutées lors de consultations obstétricales précoces, ont été réparties aléatoirement en deux groupes : un groupe recevant une TIP brève et un groupe témoin bénéficiant de soins habituels améliorés. Les résultats ont démontré que la TIP réduisait significativement et rapidement les symptômes dépressifs par rapport aux soins habituels, avec une diminution de 6 % du taux de TDM. Mais l’étude a surtout révélé la pérennité de ces effets bénéfiques.
« La principale question était de savoir si les effets de réduction de la dépression observés pendant la grossesse se maintiendraient tout au long de la première année post-partum, et la réponse était oui ! »
Elysia Davis, Ph.D. et Benjamin Hankin, Ph.D.
Les femmes ayant bénéficié de la TIP pendant la grossesse ont présenté une dépression moins importante au cours des 12 premiers mois post-partum (taux de TDM moyen de 4,4 %) par rapport au groupe témoin (taux de TDM moyen d’environ 13 %). Ces résultats suggèrent que la TIP pourrait constituer un traitement efficace de la dépression post-partum.
Les chercheurs soulignent l’importance d’une intervention précoce pour réduire les risques pour la mère et l’enfant. Ils ont constaté que la réduction du stress et de la dépression pendant la grossesse pouvait également avoir des effets positifs sur le développement cérébral du bébé, évalué par imagerie par résonance magnétique (IRM) au cours du premier mois de vie, ainsi qu’une gestation plus longue.
Selon les docteurs Davis et Hankin, cette étude fournit des preuves solides qu’un soutien en matière de santé mentale pendant la grossesse peut améliorer la santé de la mère et du bébé. Ils envisagent désormais d’étudier l’efficacité de la TIP sur d’autres troubles psychologiques fréquemment associés à la dépression périnatale, tels que l’anxiété et les troubles traumatiques.
Ils prévoient également de suivre les mères et leurs enfants jusqu’à l’âge de cinq ans afin d’évaluer les effets à long terme de cette intervention sur le développement émotionnel, comportemental et cognitif des enfants, ainsi que sur divers processus biopsychosociaux.
Elysia Davis est professeure d’université éminente au département de psychologie de l’Université de Denver et directrice du Stress Early Experiences and Development Research Institute. Ses recherches portent sur les origines précoces de la santé et des maladies tout au long de la vie, avec un accent particulier sur la période prénatale.
Benjamin Hankin est professeur de psychologie Fred et Ruby Kanfer à l’Université de l’Illinois. En tant que psychologue clinicien, ses travaux explorent les facteurs de risque et les mécanismes de la dépression et des troubles émotionnels internalisés à travers la vie.