Publié le 18 février 2026 à 15h22. Des millions de personnes diabétiques de type 2 bénéficieront bientôt d’un accès plus rapide à des traitements protecteurs pour le cœur et les reins, tandis que l’utilisation de versions génériques d’un médicament clé permettra au NHS de réaliser des économies substantielles.
- Les recommandations du NICE (National Institute for Health and Care Excellence) placent désormais les besoins individuels au cœur des décisions thérapeutiques pour le diabète de type 2.
- L’accès aux inhibiteurs du SGLT-2, communément appelés « flozines », sera élargi dès le début du traitement.
- L’arrivée de la dapagliflozine générique devrait générer des économies de 560 millions de livres sterling (environ 655 millions d’euros) pour le NHS d’ici 2027.
De nouvelles directives publiées ce mercredi par le NICE marquent une étape importante dans la prise en charge du diabète de type 2 au Royaume-Uni. L’objectif est d’améliorer la santé et la longévité des patients, tout en optimisant l’allocation des ressources au sein du système de santé publique.
Jusqu’à présent, la metformine était généralement prescrite en première intention aux personnes nouvellement diagnostiquées. Les nouvelles recommandations suggèrent désormais d’associer la metformine à un inhibiteur du SGLT-2 dès le départ, en adaptant le traitement à chaque patient en fonction de son profil et de ses préférences.
Les inhibiteurs du SGLT-2 agissent en favorisant l’élimination du sucre excédentaire par les reins. Au-delà de leur effet sur la glycémie, ils ont démontré des bénéfices significatifs en matière de protection cardiovasculaire et rénale, un aspect crucial pour les personnes diabétiques, particulièrement vulnérables aux maladies cardiaques.
Parallèlement, le NICE recommande l’utilisation de formes à libération lente de metformine, mieux tolérées par les patients et favorisant l’observance du traitement. Les troubles gastro-intestinaux sont en effet un effet secondaire fréquent de la metformine standard, pouvant dissuader certains patients de suivre leur traitement.
L’analyse du NICE prévoit que l’utilisation précoce des inhibiteurs du SGLT-2, combinée à l’introduction d’agonistes des récepteurs GLP-1 et du tirzépatide pour certains patients, pourrait prévenir environ 17 000 décès sur trois ans en réduisant les risques de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et d’insuffisance rénale.
Une attention particulière est portée à l’équité d’accès aux traitements. Une étude menée par le NICE sur près de 590 000 dossiers anonymisés a révélé que les inhibiteurs du SGLT-2 sont moins souvent prescrits aux femmes, aux personnes âgées et aux personnes d’origine africaine. Les nouvelles directives insistent sur la nécessité de surveiller ces disparités et de mettre en œuvre des actions correctives.
« Il s’agit d’un moment historique pour la prise en charge du diabète. Notre comité indépendant a examiné de manière approfondie les données et a conclu qu’en proposant certains médicaments plus tôt, nous pouvons prévenir des milliers de crises cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux et de cas d’insuffisance rénale, tout en réduisant la pression sur les services du NHS. »
Eric Power, directeur par intérim du centre de lignes directrices du NICE
Eric Power a ajouté : « Nous avons également constaté un problème préoccupant : ces médicaments essentiels sont actuellement sous-prescrits aux femmes, aux personnes âgées et aux patients noirs. Lutter contre les inégalités en matière de santé est au cœur de la mission du NICE, et ces recommandations contribueront à garantir à tous les patients diabétiques de type 2 un accès équitable aux meilleurs traitements disponibles. » Il a également souligné que la généralisation de la dapagliflozine générique permettra de libérer des centaines de millions de livres sterling, qui pourront être réinvestis dans d’autres domaines de la santé.
Les nouvelles directives préconisent une approche personnalisée, tenant compte des spécificités de chaque patient. Les professionnels de santé devront travailler en étroite collaboration avec les patients pour déterminer le traitement le plus adapté, en fonction de leurs antécédents médicaux, de leurs préférences et de leurs objectifs.
Les patients diagnostiqués avant l’âge de 40 ans, présentant un risque plus élevé de complications cardiovasculaires et rénales, pourraient bénéficier de l’ajout d’un agoniste des récepteurs GLP-1 (tel que le sémaglutide, le dulaglutide et le liraglutide) ou du tirzépatide à leur traitement.
« En tant que médecin généraliste, je constate personnellement l’impact du diabète de type 2 sur la vie de mes patients. Actuellement, seulement environ un patient sur cinq atteint de diabète de type 2 et de maladie cardiaque reçoit des médicaments qui pourraient le protéger contre les crises cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et l’insuffisance rénale. »
Dr Waqaar Shah, président du comité des lignes directrices du NICE
Waqaar Shah a conclu : « En recommandant ces traitements plus tôt, nous avons une réelle opportunité de prévenir des milliers de complications graves. Mais chaque personne est différente, et la décision concernant le médicament approprié doit toujours être prise en concertation avec le patient, en tenant compte de sa situation individuelle et de ses priorités. »
Les directives soulignent également l’importance d’un mode de vie sain, incluant une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et d’autres changements de comportement bénéfiques. Certaines personnes peuvent même parvenir à une rémission de leur diabète grâce à ces modifications. Le programme de rémission du diabète de type 2 du NHS peut apporter un soutien dans cette démarche.
Les patients diabétiques de type 2 sont invités à discuter de ces nouvelles recommandations avec leur professionnel de santé lors de leur prochain rendez-vous.
« Ces orientations bienvenues transformeront la prise en charge des personnes vivant avec le diabète de type 2 au Royaume-Uni. Faciliter un accès plus rapide aux médicaments vitaux qui protègent le cœur et les reins des complications graves liées au diabète est une avancée majeure dans la lutte contre cette maladie implacable. »
Douglas Twenefour, responsable clinique chez Diabetes UK
Douglas Twenefour a ajouté : « L’évolution vers une approche plus personnalisée permettra à davantage de personnes de bénéficier du traitement qui leur convient, au bon moment. Surveiller l’utilisation des médicaments, afin de garantir que ceux qui pourraient en bénéficier y ont accès, contribuera à réduire les inégalités inacceptables en matière de traitement et de résultats pour les patients diabétiques de type 2. »
L’accès aux agonistes des récepteurs GLP-1 (tels que le sémaglutide, le dulaglutide et le liraglutide) et au tirzépatide sera également élargi. Le sémaglutide sera désormais recommandé aux patients atteints de diabète de type 2 et présentant des maladies cardiovasculaires liées à un blocage des artères. Ces médicaments, qui aident à contrôler la glycémie tout en protégeant le cœur et les reins, sont parfois prescrits pour la perte de poids, mais les recommandations actuelles se concentrent sur leur utilisation dans le traitement du diabète de type 2.