Publié le 18 février 2026 à 15h45. L’Iran renforce considérablement la protection de ses sites militaires et nucléaires, en réponse aux tensions régionales et aux attaques subies ces dernières années, selon des images satellites récentes. Ces fortifications, notamment l’enfouissement de structures et la construction de bunkers, témoignent d’une stratégie de dissimulation et de résilience accrue.
- Des images satellites révèlent la construction de structures en béton et de couvertures défensives sur des installations souterraines sensibles.
- Le complexe militaire de Parchin, situé près de Téhéran, a été reconstruit et renforcé après un bombardement attribué à Israël en octobre 2024.
- Des travaux de fortification sont également en cours sur des sites clés comme Ispahan et Natanz, notamment l’enfouissement des entrées de tunnels.
L’Iran s’attache à protéger ses infrastructures militaires et nucléaires face à un contexte régional tendu. Des images satellites analysées par des experts en sécurité internationale et en technologie spatiale montrent une intensification des travaux de fortification sur plusieurs sites stratégiques du pays. Ces efforts interviennent après des attaques aériennes attribuées à Israël et dans un contexte de négociations bloquées concernant le programme nucléaire iranien.
Le complexe de Parchin, situé à environ 30 kilomètres au sud-est de Téhéran, est au cœur de ces efforts. Après avoir subi des dégâts importants lors d’un bombardement en octobre 2024, un bâtiment rectangulaire a été rapidement reconstruit et est désormais entouré de béton. Les images montrent une progression rapide des travaux : en novembre 2024, une structure métallique est apparue, suivie de la construction de deux bâtiments adjacents. En décembre, la zone était partiellement recouverte, et en février 2026, l’ensemble du site est entièrement dissimulé sous une structure en béton, camouflée par de la terre.
Les experts de l’Institut pour la science et la sécurité internationale ont identifié une nouvelle structure à Parchin, faisant partie de la zone connue sous le nom de Taléghan 2. Il s’agirait d’un bunker comprenant une chambre cylindrique à haute résistance, d’environ 36 mètres de long et 12 mètres de diamètre, potentiellement destinée à stocker des explosifs. Ce type d’équipement est crucial pour le développement d’armes nucléaires, bien qu’il puisse également être utilisé dans la recherche sur la défense conventionnelle.
Les fortifications ne se limitent pas à Parchin. Des images prises en janvier et février 2026 montrent un effort systématique pour enterrer les entrées des tunnels du complexe d’Ispahan, un site majeur d’enrichissement d’uranium qui avait déjà été ciblé par des attaques américaines en juin dernier. Selon des diplomates, une partie de l’uranium enrichi iranien y est stockée. Parallèlement, des travaux de renforcement et de « durcissement » des accès à un système de tunnels sous la montagne de Natanz, un autre centre d’enrichissement stratégique, sont en cours, avec des mouvements de camions de ciment et de machinerie lourde observés sur place.
À environ 40 kilomètres au nord de Qom, des images comparatives révèlent la réparation de la toiture d’un bâtiment endommagé sur une base militaire, des travaux ayant débuté en novembre et achevé à la fin du même mois.
Ces activités de fortification et de reconstruction s’inscrivent dans un contexte de négociations au point mort entre l’Iran et les puissances occidentales concernant son programme nucléaire. Téhéran continue de nier toute intention de développer des armes atomiques, tout en renforçant la protection de ses principales installations contre d’éventuelles menaces extérieures.
(Avec des informations de Reuters)