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Des ONG signalent un possible travail forcé sur les navires

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Publié le 15 octobre 2025. Des pêcheurs migrants, présumés victimes de travail forcé sur deux navires taïwanais, ont interpellé des ONG qui réclament des améliorations des conditions de vie et de communication à bord des navires de pêche en haute mer.

  • Des pêcheurs migrants indonésiens, travaillant sur deux navires taïwanais opérant en eaux internationales, pourraient avoir été victimes de travail forcé, incluant des salaires impayés et des horaires excessifs.
  • Leurs prises auraient été écoulées sur les marchés japonais, soulevant des questions sur la traçabilité et les conditions de travail associées.
  • Des ONG taïwanaises et japonaises plaident pour une législation obligeant l’installation du Wi-Fi sur ces navires afin de permettre aux marins de signaler des abus et de rester en contact avec leurs proches.

Un rapport conjoint publié par l’Association taïwanaise pour les droits de l’homme (TAHR) et la société japonaise Human Rights Now détaille des témoignages alarmants recueillis auprès de membres d’équipage, majoritairement indonésiens, des navires Toi Fu et Yu Shun n°668.

D’après le document, des marins auraient travaillé entre 18 et 20 heures par jour, bien que leurs contrats prévoient un minimum de huit heures de repos quotidiennes. L’un d’eux, identifié comme Matthieu, a rapporté que des salaires promis par virement bancaire n’étaient en réalité versés qu’en espèces, et souvent avec des retards considérables. Une dizaine de membres d’équipage du Toi Fu ont déclaré avoir perçu entre 11 et 15 mois de salaire impayés, totalisant environ 80 850 dollars américains.

Le manque de connectivité à bord, notamment l’absence de Wi-Fi sur le Toi Fu, empêchait les membres d’équipage de contacter leurs familles, sauf lors de brèves escales. Le chercheur principal au TAHR, Shih Yi-hsiang, a souligné que le Toi Fu remplissait huit des onze critères de travail forcé identifiés par l’Organisation internationale du travail (OIT), incluant la tromperie, les heures supplémentaires excessives et la rétention de salaires.

Par ailleurs, douze membres d’équipage étrangers du Yu Shun n°668 se seraient retrouvés bloqués à Taïwan en octobre dernier suite à la faillite de leur armateur, sans salaire ni emploi pendant plusieurs mois. Leurs conditions de vie auraient été marquées par des coupures d’eau et d’électricité.

L’affaire a attiré l’attention des autorités. Chi Hui-jung, membre du Control Yuan (organe de surveillance gouvernemental taïwanais), a ouvert une enquête. Les procureurs enquêtant sur le Toi Fu ont découvert que ses prises étaient vendues au Japon via FCF Co, un exportateur taïwanais de produits de la mer, par le biais d’une filiale. Le Yu Shun n°668 aurait quant à lui appartenu auparavant à une flotte de palangriers exploitée par la société japonaise Singaz Japan.

Face à ces révélations, le TAHR a appelé le gouvernement taïwanais à réformer le système actuel qui considère les pêcheurs migrants en haute mer comme de simples « travailleurs étrangers ». L’organisation plaide pour l’extension des protections prévues par la loi sur les normes du travail et la loi sur la sécurité et la santé au travail. Elle réitère sa demande d’une législation imposant l’installation du Wi-Fi sur tous les navires opérant en eaux lointaines, afin de faciliter le signalement d’abus et le maintien des liens familiaux.

Momori Nakagawa, de Human Rights Now, a précisé que si le Japon dispose de lois contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN), celles-ci se concentrent principalement sur la gestion des ressources et négligent les violations des droits humains. Ryutaro Ogawa, secrétaire général de Human Rights Now, a quant à lui exhorté les gouvernements taïwanais, japonais et indonésien à établir un « système commun de responsabilisation en cas de violations des droits humains », soulignant que la coopération internationale était indispensable pour résoudre de tels problèmes.

L’Agence des pêches taïwanaise a indiqué être intervenue dans les deux cas après réception de plaintes. Elle assure que tous les membres d’équipage migrants ont reçu les salaires qui leur étaient dus. L’agence a également précisé que les autorités compétentes menaient des enquêtes sur ces incidents, suite à des signalements de soupçons de travail forcé.

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