Une cyberattaque audacieuse a perturbé plusieurs aéroports en Amérique du Nord ce mardi, des pirates informatiques s’emparant des systèmes de sonorisation pour diffuser des messages hostiles à Donald Trump et à Israël. L’incident, dont les détails émergent des séquences vidéo partagées en ligne, a suscité une enquête fédérale urgente, le secrétaire américain aux Transports qualifiant l’événement de profondément « effrayant » pour les passagers.
L’interruption sonore, captée par des voyageurs aux États-Unis et au Canada, a résonné avec des slogans militants. Une voix féminine a notamment scandé : « F*** Netanyahu et Trump. Hacker turc, le cyber-Islam est là. Palestine libre, Palestine libre et libre. » Au-delà des annonces sonores, l’attaque a également ciblé les écrans d’affichage des informations de vol et perturbé les services aéroportuaires, selon les informations du New York Times. Au Canada, les perturbations auraient été plus sérieuses, avec des écrans diffusant des messages perçus comme pro-Hamas.
Un message particulièrement explicite, attribué au hacker, a été relayé sur les réseaux sociaux : « Israël a perdu la guerre, le Hamas a gagné la guerre honorablement ». Un autre slogan visait directement l’ancien président : « Vous êtes un cochon, Donald Trump ».
L’aéroport international de Harrisburg (HIA) en Pennsylvanie, aux États-Unis, a été le seul établissement aéroportuaire américain touché par cette cyberattaque. Au Canada, trois aéroports ont subi des perturbations : l’aéroport international de Windsor en Ontario, ainsi que les aéroports internationaux de Kelowna et de Victoria en Colombie-Britannique.
Sean Duffy, ancien secrétaire aux Transports sous l’administration Trump, a confirmé travailler avec les responsables du HIA et de la Federal Aviation Administration (FAA) pour identifier les auteurs de l’attaque. La direction du HIA a précisé que les messages diffusés ont été supprimés en quelques minutes, précisant que l’attaque était limitée à un « fournisseur de logiciels tiers basé sur le cloud ».
Cet incident a eu des répercussions concrètes sur les opérations. Un porte-parole de Delta a confirmé que l’un des vols de la compagnie, en cours d’embarquement au HIA au moment des faits, a été sujet à une fouille de sécurité. Le vol à destination d’Atlanta a été retardé de 45 minutes pendant que les autorités procédaient à des vérifications.
L’attaque soulève des questions de sécurité cruciales pour les voyageurs. « Il fallait faire une double prise et se demander si ce que l’on entendait était réellement réel », a confié un passager à CNN. « La vraie question que je me pose est la suivante : s’ils piratent le système de radiomessagerie d’un aéroport international, vers quoi d’autre se connectent-ils ? »
Ce piratage intervient dans un contexte géopolitique tendu. Il y a peu, le président Donald Trump avait orchestré un accord de cessez-le-feu entre Israël et des dirigeants du Moyen-Orient, un événement salué comme un « nouveau et beau jour ». Un « Conseil de paix », présidé par Trump et incluant l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, est censé superviser la reconstruction de Gaza. Cependant, le cessez-le-feu semble fragile : le Hamas refuserait de libérer les corps d’otages israéliens et accuserait Israël d’avoir causé la mort de 24 personnes au cours des six derniers jours. Face à ces tensions, Donald Trump avait averti que s’ils continuaient à exécuter des Palestiniens soupçonnés de « collaborer » avec Israël, il n’y aurait « pas d’autre choix que d’entrer et de tuer » le Hamas.