Publié le 15 février 2026 11:54:00. Une nouvelle étude du Massachusetts révèle que les ophtalmologistes pourraient jouer un rôle crucial dans la lutte contre la toxicomanie, en identifiant et orientant les patients vers des soins appropriés.
- Les infections oculaires, souvent liées à l’injection de drogues, peuvent être un signal d’alerte précoce de troubles liés à l’usage de substances.
- Près de la moitié des patients traités pour une infection oculaire et souffrant de troubles liés à l’usage d’opioïdes seraient éligibles à un traitement médicamenteux.
- Les ophtalmologistes, en première ligne face à ces patients, peuvent faciliter l’accès à des consultations spécialisées en toxicomanie.
Des chercheurs du Mass Eye and Ear, de la Harvard Medical School, du Boston Children’s Hospital, du Mass General Hospital et du Massachusetts Institute of Technology ont publié le mois dernier une étude dans la revue Ophtalmologie Rétine, mettant en lumière un lien insoupçonné entre la santé oculaire et la toxicomanie. L’étude démontre que les ophtalmologistes, grâce à leur position privilégiée, peuvent contribuer à la prise en charge des patients souffrant de troubles liés à l’usage de substances.
Les personnes qui s’injectent des drogues, comme l’héroïne, la cocaïne ou le fentanyl, présentent un risque accru d’infections oculaires. Ces infections, souvent causées par des bactéries ou des champignons qui se propagent par la circulation sanguine, peuvent entraîner une endophtalmie endogène, une infection interne de l’œil menaçant la vision. Les patients se présentent alors aux urgences avec une urgence ophtalmologique.
Or, les médecins se concentrent fréquemment sur le traitement de l’infection oculaire elle-même, sans aborder la cause sous-jacente : la toxicomanie. L’étude souligne que les ophtalmologistes, spécialistes des soins oculaires avancés, de la chirurgie et du traitement des maladies chroniques, se trouvent ainsi « en première ligne de l’épidémie actuelle d’opioïdes » et peuvent jouer un rôle essentiel dans l’orientation des patients vers un traitement adapté.
Pendant six ans, les chercheurs ont suivi 62 patients du Mass General Brigham qui s’injectaient de l’héroïne, de la cocaïne et du fentanyl. Ils ont constaté que « les services de consultation en toxicomanie fournissent des soins potentiellement vitaux aux patients » atteints d’endophtalmie endogène associée à l’utilisation de drogues injectables. L’étude a révélé que près de la moitié de ces patients étaient éligibles pour un traitement médicamenteux, mais que celui-ci n’était initié que lors d’une consultation en matière de toxicomanie.
Cela démontre l’importance pour les ophtalmologistes intervenant aux urgences d’offrir aux patients des soins qui dépassent le simple traitement de la vue, en les orientant vers des spécialistes de la toxicomanie. Une ophtalmologiste bilingue du Massachusetts a notamment été saluée pour son engagement dans cette démarche.
Des recherches explorent également l’utilisation de l’intelligence artificielle pour prédire les rechutes liées aux opioïdes, en analysant les données des smartphones.