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Des rôles différents pour deux enzymes similaires

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Publié le 19 février 2026 à 16h33. Des recherches menées par le Centre Max Delbrück révèlent que deux enzymes cérébrales, MNK1 et MNK2, bien que structurellement similaires, jouent des rôles distincts dans le comportement, ouvrant la voie à des traitements plus ciblés pour les maladies neurologiques.

  • Les souris dépourvues de MNK1 présentent des difficultés de reconnaissance d’objets nouveaux et de mémorisation.
  • Les souris dépourvues de MNK2 montrent un intérêt accru pour les interactions sociales.
  • L’analyse moléculaire révèle des différences significatives dans l’expression des protéines et la phosphorylation entre les deux groupes de souris, particulièrement au niveau des synapses.

Deux enzymes, MNK1 et MNK2, ont longtemps été considérées comme des acteurs clés dans la régulation de la production de protéines au sein des cellules, et donc comme des cibles potentielles pour le développement de médicaments destinés à traiter les troubles neurologiques et la douleur chronique. Cependant, une équipe de chercheurs du Centre Max Delbrück a mis en évidence des fonctions spécifiques pour chacune de ces enzymes, suggérant qu’une approche thérapeutique différenciée pourrait être plus efficace.

L’étude, publiée dans la revue Molecular Psychiatry, a été dirigée par Rosalba Olga Proce, doctorante au sein du groupe de travail « Bases moléculaires et cellulaires du comportement » dirigé par le Dr Hanna Hörnberg. Les chercheurs ont utilisé des souris génétiquement modifiées, dépourvues soit de MNK1, soit de MNK2, pour observer les conséquences sur leur comportement.

Les résultats ont révélé des anomalies comportementales distinctes. Les souris sans MNK1 ont montré un désintérêt pour les objets nouveaux et des difficultés à s’en souvenir, tandis que les souris sans MNK2 ont manifesté un intérêt accru pour les interactions sociales.

« Les différences comportementales que nous avons observées suggèrent que chacune de ces kinases a une fonction spécifique dans le cerveau », explique Proce. « Lors du développement de médicaments, il pourrait donc être judicieux d’aborder les deux enzymes individuellement. »

Rosalba Olga Proce, doctorante au Centre Max Delbrück

Pour comprendre les mécanismes moléculaires sous-jacents à ces changements comportementaux, les scientifiques ont analysé le tissu cérébral des souris, en se concentrant sur le cortex cérébral et les synapses, les points de connexion entre les cellules nerveuses. Ils ont utilisé des techniques de protéomique, de transcriptomique et de phosphoprotéomique pour étudier les concentrations de protéines, l’expression des gènes et les modèles de phosphorylation.

L’analyse a révélé que les souris dépourvues de MNK1 présentaient une abondance accrue de protéines ribosomales, impliquées dans la traduction de l’ARN messager en protéines. En revanche, chez les souris sans MNK2, l’expression et la phosphorylation des protéines impliquées dans la transmission du signal au niveau des synapses étaient altérées. De manière surprenante, les différences moléculaires entre les deux enzymes se sont avérées plus prononcées au niveau des synapses qu’au niveau du cerveau dans son ensemble.

Selon le Dr Hörnberg, cette observation suggère que les kinases pourraient exercer des fonctions différentes dans le corps cellulaire et au niveau des synapses. Elle souligne l’importance de cibler sélectivement une enzyme ou l’autre dans le développement de futures thérapies, afin d’obtenir des effets plus précis.

« Au lieu d’inhiber de manière non spécifique les deux kinases, les futures thérapies pourraient cibler sélectivement une enzyme ou l’autre pour obtenir des effets plus précis. »

Dr Hanna Hörnberg, responsable du groupe de travail « Bases moléculaires et cellulaires du comportement » au Centre Max Delbrück

Les chercheurs prévoient désormais d’identifier les molécules avec lesquelles MNK1 et MNK2 interagissent, et d’étudier plus en détail leur rôle dans la régulation de la traduction de l’ARN messager lors de la plasticité synaptique, un processus essentiel pour la mémoire et l’apprentissage.

Le Centre Max Delbrück, association Helmholtz, ambitionne de poser les bases de la médecine de demain grâce à ses découvertes. Ses chercheurs travaillent de manière interdisciplinaire sur les sites de Berlin-Buch, Berlin-Mitte, Heidelberg et Mannheim pour décrypter la complexité des maladies au niveau du système, des molécules à l’organisme entier. En savoir plus sur le Centre Max Delbrück.


Contacts scientifiques :

Dr Hanna Hörnberg
Responsable du groupe de travail « Bases moléculaires et cellulaires du comportement »
Centre Max Delbrück
Hanna.Hoernberg@mdc-berlin.de


Publication originale :

DOI:10.1038/s41380-026-03483-w


Informations complémentaires :

https://www.mdc-berlin.de/de/hornberg – Groupe de travail Hörnberg
https://www.mdc-berlin.de/de/news/news/die-analystin-des-verhaltens – Portrait de Hanna Hörnberg


Mots-clés de ce communiqué de presse :

Journalistes
médecine
recherche


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