Home Santé Des scientifiques créent une lumière LED qui tue les cellules cancéreuses sans nuire aux cellules saines

Des scientifiques créent une lumière LED qui tue les cellules cancéreuses sans nuire aux cellules saines

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Publié le 2025-10-20 17:30:00. Une collaboration scientifique internationale a mis au point une nouvelle approche thérapeutique prometteuse pour lutter contre le cancer, combinant lumière LED et nanoparticules d’étain, avec pour objectif de minimiser les effets secondaires et de rendre le traitement plus accessible.

  • Une thérapie anticancéreuse innovante utilise des LED et de fines particules d’étain pour cibler spécifiquement les cellules cancéreuses.
  • Cette méthode, issue d’un partenariat entre des universités américaines et portugaises, promet d’être plus sûre et potentiellement moins coûteuse que les traitements actuels.
  • Des études préliminaires montrent une destruction significative des cellules cancéreuses tout en épargnant les tissus sains.

Des chercheurs de l’Université du Texas à Austin (UT Austin) et de l’Université de Porto au Portugal ont développé une méthode novatrice pour combattre le cancer. Elle repose sur l’utilisation de diodes électroluminescentes (LED) et de nanoparticules d’étain ultra-fines, surnommées « nanoflakes SnOx ». L’objectif est de proposer une alternative plus douce et plus abordable aux traitements conventionnels, souvent lourds de conséquences pour les patients.

Cette percée est le fruit d’une collaboration née du programme UT Austin Portugal, visant à rendre les thérapies basées sur la lumière plus accessibles. Les approches actuelles font appel à des matériaux onéreux, des infrastructures spécialisées et des lasers potentiellement dommageables pour les tissus environnants. En optant pour les LED et en intégrant ces nouvelles particules à base d’étain (dont le symbole chimique est Sn), l’équipe espère réduire drastiquement les coûts et les risques associés.

« Notre objectif était de créer un traitement qui soit non seulement efficace mais également sûr et accessible », souligne Jean Anne Incorvia, professeure à l’UT Austin et codirectrice du projet. « Grâce à la combinaison de la lumière LED et des nanoflakes SnOx, nous avons développé une méthode pour cibler avec précision les cellules cancéreuses tout en laissant intactes les cellules saines. »

Les résultats d’une étude récente, publiés dans la revue ACS Nano, attestent de l’efficacité de cette approche contre les cellules de cancer colorectal et de peau. Après seulement trente minutes d’exposition à la lumière LED, jusqu’à 92 % des cellules de cancer de la peau et 50 % des cellules de cancer colorectal ont été détruites, tandis que les cellules saines de la peau humaine sont restées indemnes. Ces chiffres démontrent la précision et la sécurité de la thérapie.

Face au cancer, deuxième cause de mortalité mondiale, la recherche de traitements plus ciblés et moins toxiques est une priorité. La thérapie photothermique proche infrarouge, qui utilise la lumière pour chauffer et éliminer les cellules cancéreuses, fait partie des pistes les plus prometteuses. C’est ce principe qu’a exploré l’équipe de l’UT Austin-Portugal.

Forts de ces premiers succès, les chercheurs se penchent désormais sur la compréhension fine des interactions entre lumière et chaleur durant le processus. Ils explorent également d’autres matériaux susceptibles d’optimiser le traitement et travaillent à la conception de dispositifs médicaux pratiques pour son administration. L’ambition est de rendre cette technologie accessible au plus grand nombre, notamment dans les régions où l’accès aux équipements de pointe est limité.

« Notre objectif ultime est de rendre cette technologie accessible aux patients du monde entier, en particulier dans les endroits où l’accès aux équipements spécialisés est limité, avec moins d’effets secondaires et un moindre coût », explique Artur Pinto, chercheur à l’Université de Porto et responsable du projet au Portugal. « Pour les cancers de la peau en particulier, nous envisageons qu’un jour, le traitement puisse passer de l’hôpital au domicile du patient. Un appareil portable pourrait être placé sur la peau après l’intervention chirurgicale pour irradier et détruire les cellules cancéreuses restantes, réduisant ainsi le risque de récidive. »

Artur Pinto, Chercheur, Université de Porto

Jean Anne Incorvia et Artur Pinto ont initié leur collaboration en 2021 dans le cadre du programme UT Austin Portugal. Depuis, leurs échanges ont permis de conjuguer leurs expertises pour explorer le potentiel des matériaux bidimensionnels dans le traitement du cancer.

Grâce à un nouveau financement du programme UT Austin Portugal, l’équipe développe actuellement un implant destiné aux patientes atteintes d’un cancer du sein, utilisant la même technologie LED et nanoparticules. Cette collaboration continue pourrait ouvrir la voie à des traitements anticancéreux plus personnalisés, abordables et sans douleur.

Parmi les autres contributeurs à cette recherche figurent Hui-Ping Chang (développement des nanoflakes) et Eva Nance (Université du Texas à Austin), Filipa ALS Silva (caractérisation biologique), Susana G. Santos et Fernão Magalhães (Université de Porto), ainsi que José R. Fernandes (Université de Trás-os-Montes et Alto Douro) pour le développement des systèmes LED.

Le programme UT Austin Portugal est un partenariat scientifique et technologique de longue date entre l’UT et la Fondation portugaise pour la science et la technologie (FCT). Ce programme, renouvelé pour cinq ans supplémentaires, s’inscrit dans une dynamique de coopération avec d’autres universités américaines, telles que le Massachusetts Institute of Technology et l’Université Carnegie Mellon.

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