Publié le 2024-10-27 14:35:00. Des recherches récentes mettent en lumière un processus de dégradation progressive de l’ADN dans les cellules intestinales, qui pourrait expliquer l’augmentation du risque de cancer colorectal avec l’âge. Cette découverte remet en question l’idée que les dommages à l’ADN sont la cause première de la maladie.
- Le processus, appelé « dérive associée à l’âge et au cancer colorectal » (ACCR), affecte les cellules souches des cryptes intestinales.
- L’inflammation, l’affaiblissement des signaux de croissance et la diminution du fer dans les cellules souches contribuent à cette dégradation progressive.
- Cette dérive est observée non seulement chez les personnes âgées, mais également dans la quasi-totalité des échantillons de tissus tumoraux provenant de patients atteints d’un cancer colorectal.
Longtemps considérée comme la principale cause du cancer, la théorie des dommages à l’ADN est désormais remise en question par une équipe de chercheurs. Leur travail suggère que l’origine de la maladie se situe ailleurs, dans un processus plus subtil et insoupçonné.
Les premières manifestations de ce processus se produisent au niveau des petites poches présentes dans la muqueuse intestinale, appelées cryptes intestinales, qui abritent des cellules souches. À mesure que l’inflammation s’intensifie, que les signaux de croissance s’affaiblissent et que les niveaux de fer dans ces cellules souches diminuent, leur capacité à maintenir l’intégrité de leur ADN s’altère progressivement. Cette fragilité croissante rend les cellules plus vulnérables au développement tumoral.
Les chercheurs ont baptisé ce phénomène la « dérive associée à l’âge et au cancer colorectal » (ACCR). Il affecte particulièrement les gènes responsables du maintien d’un tissu intestinal sain, notamment ceux qui contrôlent le renouvellement de la muqueuse. L’ACCR n’est pas limitée aux personnes âgées ; elle est en réalité détectable dans presque tous les prélèvements de tissus tumoraux analysés chez des patients atteints de cancer colorectal, ce qui suggère un lien direct avec l’augmentation du risque de la maladie avec l’âge.
Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour la prévention et le traitement du cancer colorectal. Comprendre les mécanismes de l’ACCR pourrait permettre de développer des stratégies pour inverser ce processus et renforcer la résistance des cellules intestinales face au développement tumoral.