Publié le 13 février 2024 10h40:00. Des chercheurs de l’Université du Maryland ont mis au point une technologie portable révolutionnaire qui remet en question nos connaissances sur la production de gaz intestinaux, révélant que nous flatulons bien plus souvent que ce que l’on pensait.
- Une nouvelle technologie portable, de la taille d’une pièce de monnaie, permet de mesurer avec précision la production d’hydrogène dans les gaz intestinaux.
- Les résultats de cette étude indiquent que les adultes en bonne santé émettent en moyenne 32 fois de gaz par jour, contre 14 fois estimées jusqu’à présent.
- Cette découverte ouvre la voie à une meilleure compréhension des troubles gastro-intestinaux et à un diagnostic plus précis des problèmes de gaz.
Longtemps considéré comme un sujet tabou et difficile à étudier objectivement, le phénomène des flatulences a longtemps reposé sur des estimations imprécises. Les études précédentes s’appuyaient principalement sur des auto-déclarations des patients, sujettes à des erreurs de mémoire et à l’impossibilité de prendre en compte les émissions de gaz pendant le sommeil. Le professeur agrégé Brantley Hall et son équipe du Département de biologie cellulaire et de génétique moléculaire de l’Université du Maryland ont donc développé un capteur miniaturisé capable de mesurer en continu le niveau d’hydrogène dans les gaz intestinaux, offrant ainsi une approche beaucoup plus fiable.
Ce capteur, qui peut être facilement fixé à n’importe quel sous-vêtement, a permis de recueillir des données précises sur la production de gaz chez des adultes en bonne santé. Les résultats sont surprenants : l’étude révèle que nous flatulons en moyenne 32 fois par jour (±6), soit plus du double des 14 fois (±6) communément admises dans la littérature médicale. Cette différence significative s’explique, selon les chercheurs, par les limites des méthodes de mesure utilisées jusqu’à présent.
« Nous ne savons pas exactement à quoi ressemble la production normale de gaz », explique Hall. « Sans une base de référence précise, il est très difficile de dire si le problème de gaz d’un patient est vraiment extrême. » Cette étude constitue donc une avancée majeure pour la gastro-entérologie, en fournissant une base de données essentielle pour établir des normes de référence et améliorer le diagnostic des troubles liés à la production de gaz.
À l’avenir, les chercheurs prévoient de mener des mesures diurnes et nocturnes sur un échantillon plus large de participants, afin de cartographier la relation complexe entre l’alimentation, la diversité du microbiome intestinal et la production de gaz. Ils espèrent ainsi déterminer quels facteurs influencent la production de gaz et identifier les causes des troubles gastro-intestinaux. Tout comme la fréquence cardiaque ou le taux de cholestérol, la détermination d’une plage « saine » de production de gaz pourrait faciliter le diagnostic et le traitement des problèmes de gaz.
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