Publié le 6 février 2026 à 19h00. Longtemps décriées et entourées de controverses, les statines, médicaments prescrits pour réduire le cholestérol, sont finalement réhabilitées par une vaste étude d’Oxford qui démystifie la plupart des effets secondaires qui leur étaient attribués.
- Une étude de l’Université d’Oxford, publiée dans The Lancet, démontre que la plupart des effets secondaires attribués aux statines ne sont pas liés à ces médicaments.
- Seulement six effets secondaires ont été prouvés comme étant liés aux statines, dont les douleurs musculaires et le diabète de type 2.
- Les chercheurs appellent à mettre fin à la « confusion » et à l’inquiétude excessive concernant les effets secondaires des statines, afin d’encourager les patients à suivre leur traitement.
Pendant des décennies, les statines ont été l’objet de méfiance. De nombreux patients, préoccupés par les potentielles contre-indications et les effets indésirables, ont hésité à suivre un traitement pourtant essentiel pour réduire leur taux de cholestérol et prévenir les maladies cardiovasculaires. Ces médicaments ont été accusés de provoquer une multitude de troubles, allant de la perte de mémoire à la dépression, en passant par la prise de poids et les troubles de l’érection.
Mais une étude monumentale menée par des chercheurs de l’Université d’Oxford, et publiée dans la prestigieuse revue médicale The Lancet, vient remettre en question ces idées reçues. L’analyse, basée sur les données de 23 études à grande échelle impliquant plus de 150 millions de patients, révèle que le nombre de rapports d’effets secondaires est globalement similaire, que les personnes prennent ou non des statines.
Selon cette recherche exhaustive, seuls six effets secondaires peuvent être directement liés à la prise de statines :
- Douleurs musculaires : Les statines peuvent augmenter marginalement le risque de douleurs ou de faiblesse musculaire. Cependant, l’étude souligne que ces symptômes sont fréquents chez les adultes, indépendamment de la prise de médicaments. Les cas liés aux statines sont rares, survenant principalement au cours de la première année de traitement (environ 11 épisodes pour 1000 personnes traitées).
- Diabète : Les statines peuvent légèrement augmenter le risque de diagnostic de diabète de type 2, en interférant avec le métabolisme du glucose. Ce risque concerne principalement les personnes déjà prédisposées à la maladie.
- Enzymes hépatiques anormales : Les statines bloquent une enzyme dans le foie qui produit le cholestérol. Dans de rares cas, cela peut entraîner une augmentation des transaminases, des enzymes hépatiques. Ce risque est lié à la dose de statine et affecte principalement les patients recevant la dose maximale (80 mg par jour).
- Tests anormaux de la fonction hépatique : L’étude a également révélé une légère augmentation du risque de variations dans les tests de la fonction hépatique, notamment de la phosphatase alcaline. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer d’éventuels risques hépatiques.
- Modifications de la composition urinaire : Les statines peuvent entraîner une légère augmentation des niveaux de protéines dans l’urine, ce qui pourrait indiquer des dommages rénaux. Cependant, l’étude n’a pas confirmé ce lien.
- Œdème : Les statines ont été associées à un risque légèrement accru d’œdème, une accumulation de liquide dans le corps, provoquant un gonflement des chevilles, des pieds et des jambes.
L’étude d’Oxford n’a trouvé aucune preuve que les statines provoquent les dizaines d’autres effets secondaires souvent mentionnés dans les notices des médicaments. Les chercheurs appellent donc à une meilleure information des patients et des médecins, afin de permettre des décisions thérapeutiques plus éclairées.
« Personne ne conteste le fait que les patients présentent des effets indésirables tout au long de leur vie ; cependant, une question fondamentale à se poser est de savoir si ces symptômes sont liés au médicament qu’ils prennent. La réponse est, en grande partie, “Non” »
Bryan Williams, directeur scientifique et médical de la British Heart Foundation
Le professeur Williams espère que ces résultats inciteront les millions de personnes qui devraient prendre des statines à reconsidérer leur position et à poursuivre leur traitement, afin de prévenir les maladies cardiovasculaires, telles que les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux.