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Des variantes génétiques dans 11 régions du génome humain influencent le microbiome intestinal

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Publié le 13 février 2026 14h02:00. Une vaste étude internationale révèle que notre patrimoine génétique influence de manière significative la composition de notre flore intestinale, ouvrant de nouvelles pistes pour comprendre et prévenir des maladies comme l’intolérance au gluten, les hémorroïdes et les troubles cardiovasculaires.

  • Des chercheurs ont identifié 11 régions génétiques qui affectent à la fois les bactéries présentes dans l’intestin et leurs fonctions.
  • Ces découvertes établissent un lien entre certaines variations génétiques et un risque accru d’intolérance au gluten, d’hémorroïdes et de maladies cardiovasculaires.
  • Les biobanques constituées pour ces études représentent l’une des plus grandes ressources mondiales pour la recherche sur le microbiome intestinal.

La communauté microbienne qui peuple nos intestins, communément appelée microbiote, suscite un intérêt croissant de la part des scientifiques en raison de son rôle crucial dans la santé et le développement de diverses maladies. Si l’importance du microbiote est désormais bien établie, la part de notre héritage génétique dans la détermination de sa composition restait jusqu’à présent mal comprise. Jusqu’à présent, seules quelques variantes génétiques avaient pu être corrélées avec la diversité bactérienne intestinale.

Deux études internationales d’envergure, menées conjointement, ont permis de réaliser l’enquête la plus complète à ce jour sur les liens entre notre génome et le microbiote intestinal. Les chercheurs ont analysé les données génétiques et la composition bactérienne de plus de 28 000 individus, étudiant en détail les centaines d’espèces bactériennes qui cohabitent dans leurs intestins.

L’analyse a révélé que 11 régions spécifiques du génome humain influencent à la fois la présence de certaines bactéries et les fonctions qu’elles exercent. Plusieurs de ces gènes sont impliqués dans des processus fondamentaux du système digestif, notamment l’absorption des nutriments et la réponse immunitaire de l’organisme face aux bactéries.

« Nous avons considérablement progressé dans notre compréhension du rôle de la génétique dans le microbiote intestinal. Plusieurs des liens génétiques que nous avons identifiés sont liés à des mécanismes biologiques très précis, comme les molécules présentes à la surface des cellules intestinales qui servent de nourriture aux bactéries, ou encore la manière dont l’intestin réagit aux substances produites par ces dernières. »

Tove Fall, professeure d’épidémiologie moléculaire, Université d’Uppsala

Au-delà de ces mécanismes biologiques, les chercheurs ont mis en évidence des associations significatives entre certaines variantes génétiques et un risque accru de développer certaines pathologies. Des liens ont notamment été établis avec l’intolérance au gluten, les hémorroïdes et les maladies cardiovasculaires, des affections dont on sait déjà que le microbiote intestinal joue un rôle.

« Nous avons constaté que certaines de ces variantes génétiques étaient associées à un risque accru d’intolérance au gluten, d’hémorroïdes et de maladies cardiovasculaires. Cela suggère que des modifications de la composition de la flore intestinale pourraient nous aider à mieux comprendre comment les prédispositions génétiques affectent la santé. »

Claes Ohlsson, professeur à l’Université de Göteborg, et Kristian Hveem, professeur à l’Université norvégienne des sciences et technologies (NTNU)

Les biobanques de microbiomes intestinaux constituées dans le cadre de ces études figurent parmi les plus importantes au monde, offrant ainsi une ressource précieuse pour les futures recherches. « Étant donné que de nombreux aspects de notre santé sont liés au microbiote intestinal, nous espérons que nos travaux contribueront à l’élaboration de nouvelles stratégies de prévention et de traitement des maladies, en tenant compte de l’interaction complexe entre nos gènes, la biologie intestinale et le microbiote », conclut Tove Fall.

Source:

Référence de l’article :

Dekkers, K.F. et al. (2026). Genome-wide association analyses highlight the role of the intestinal molecular environment in human gut microbiota variation. Nature Genetics. https://www.nature.com/articles/s41588-026-02512-2

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