Publié le 17 février 2026. Une enquête alarmante révèle que plus d’un enfant sur quatre en Angleterre a été exposé à des publicités pour des médicaments amaigrissants disponibles uniquement sur ordonnance, malgré l’interdiction légale, soulevant des inquiétudes quant à l’influence de ces publicités sur l’image corporelle et les comportements des jeunes.
- 41 % des enfants interrogés (820 sur 2 000) ont vu en ligne des publicités pour des médicaments tels qu’Ozempic, Mounjaro et Wegovy.
- Les filles sont plus susceptibles que les garçons d’être exposées à ces publicités (45 % contre 37 %).
- 8 % des enfants ont déclaré avoir acheté ou essayé des pilules amaigrissantes sans ordonnance.
Le rapport du Commissaire à l’enfance, publié le 10 février 2026, met en lumière une exposition croissante des jeunes à des publicités pour des médicaments destinés à la perte de poids, une situation d’autant plus préoccupante que ces produits sont soumis à prescription médicale en Angleterre. L’enquête, menée en décembre 2025 auprès de 2 000 adolescents âgés de 13 à 17 ans, révèle que les réseaux sociaux sont un vecteur majeur de cette exposition.
Les médicaments amaigrissants, disponibles sur le Service national de santé (NHS) anglais depuis mi-2025, peuvent également être obtenus en privé, sous réserve de critères médicaux stricts. Cependant, le rapport souligne que des jeunes signalent une forte présence de ces médicaments sur les plateformes en ligne, souvent présentés de manière trompeuse.
« Les enfants ont parlé de voir des utilisateurs des réseaux sociaux discuter des injections, ou de publicités illégitimes les décrivant comme un moyen de perdre du poids rapidement. C’est un sujet que les jeunes ont commenté, souvent conscients que ce n’était pas présenté ou utilisé dans un contexte de santé. »
Rapport du Commissaire à l’enfance
L’étude fait également état de lacunes dans la vérification de l’âge et de l’indice de masse corporelle (IMC) par les pharmacies en ligne, comme le soulignent des enquêtes récentes. Une jeune fille interrogée dans le cadre de l’étude croyait à tort que ces médicaments étaient disponibles sans ordonnance en pharmacie, illustrant une perception d’accès facile et généralisé.
En janvier 2026, le Conseil Général Pharmaceutique (GPhC) a publié de nouvelles directives concernant la fourniture de médicaments amaigrissants, exigeant des pharmacies qu’elles vérifient de manière indépendante le poids, la taille et/ou l’IMC des patients avant de délivrer ces produits.
L’influence de l’intelligence artificielle (IA) est également pointée du doigt. Des publicités pour des médicaments sur ordonnance, notamment celles de la chaîne Boots, ont été identifiées comme des arnaques diffusées sur TikTok et créées à l’aide de l’IA, comme le rapporte la BBC.
Des enquêtes menées par La revue pharmaceutique ont révélé que même après une première alerte en 2022, la promotion de médicaments amaigrissants auprès des adolescents persistait. En 2022, 31 % des 100 vidéos TikTok les plus populaires sous le hashtag « #dietpills » faisaient activement la promotion de pilules amaigrissantes. Une enquête de suivi en 2025 a montré que ce chiffre était tombé à 15 %, mais que des produits tels que Mounjaro et Wegovy étaient toujours promus, ainsi qu’un nouveau médicament en développement, le retatrutide.
Ce rapport intervient alors que les professionnels de la santé s’inquiètent de l’impact potentiel de ces médicaments sur la santé des jeunes, et soulignent la nécessité d’une réglementation plus stricte et d’une sensibilisation accrue.