Home International Deux des plus grandes entreprises allemandes tirent la sonnette d’alarme face à une bulle de l’IA

Deux des plus grandes entreprises allemandes tirent la sonnette d’alarme face à une bulle de l’IA

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L’Allemagne sous tension : les géants financiers sonnent l’alarme sur une potentielle bulle de l’IA. Deutsche Bank et Allianz alertent sur les risques d’un krach technologique aux conséquences économiques potentiellement dévastatrices pour le pays, déjà confronté à une hausse des faillites.

Alors que l’intelligence artificielle (IA) est présentée comme le moteur d’une nouvelle ère économique, suscitant innovation et investissements à l’échelle planétaire, un vent de scepticisme se lève. Des voix de plus en plus nombreuses, venues du monde de la technologie comme de la finance, mettent en garde contre le risque d’une bulle spéculative. L’éclatement d’une telle bulle pourrait avoir des répercussions majeures, notamment en Allemagne.

Ces préoccupations ne sont plus le fait de quelques experts isolés. Des figures emblématiques du secteur, de Sam Altman, PDG d’OpenAI, à Mark Zuckerberg, patron de Meta, ont publiquement évoqué la possibilité d’une correction de marché. Les institutions bancaires et les analystes financiers s’ajoutent à ce chœur d’alerte. La Deutsche Bank, première banque allemande, a notamment exprimé son inquiétude quant à l’idée que le boom de l’IA puisse masquer une réalité économique morose aux États-Unis.

Une étude récente du géant allemand de l’assurance Allianz jette une lumière plus crue sur les conséquences potentielles. Selon ce rapport, un arrêt brutal de l’euphorie entourant l’IA pourrait se traduire par environ 4 000 faillites rien qu’en Allemagne. Ce scénario toucherait en premier lieu les jeunes pousses et les entreprises spécialisées dans la technologie, mais ses ondes de choc devraient se propager à l’ensemble de l’économie.

Les faillites déjà en hausse en Allemagne

Allianz anticipe déjà une augmentation mondiale des défaillances d’entreprises en 2026. Ce serait la cinquième année consécutive de hausse. Rien qu’en Allemagne, le nombre d’insolvabilités devrait grimper à 24 500 cas l’année prochaine, un seuil qui n’avait pas été atteint depuis douze ans.

La compagnie d’assurance estime que le nombre d’insolvabilités en Allemagne pourrait amorcer une décrue à partir de 2027. Cependant, elle souligne que l’éclatement d’une bulle liée à l’IA n’est qu’une des nombreuses menaces pouvant déclencher une vague d’insolvabilités d’une ampleur bien supérieure. D’autres facteurs de risque incluent les tensions commerciales internationales et le nombre élevé de start-ups en Europe et aux États-Unis, particulièrement vulnérables à l’insolvabilité.

Dans des déclarations à l’agence de presse allemande, Aylin Somersan Coqui, PDG d’Allianz Trade, a souligné que le risque d’effets domino était croissant. « Le risque d’effets domino augmente », a-t-elle indiqué.

Pourquoi l’IA est-elle si fragile ?

Un certain nombre d’entreprises d’IA, malgré des valorisations stratosphériques, ne sont pas encore rentables. OpenAI, par exemple, est évalué à 500 milliards de dollars, mais sa rentabilité n’est pas attendue avant 2029 au plus tôt. Le cabinet de conseil Bain & Company estime qu’il faudrait des revenus annuels de 2 000 milliards de dollars pour financer la puissance de calcul nécessaire à répondre à la demande d’IA prévue d’ici 2030.

Les géants déjà bien établis, comme Meta et Google, sont mieux armés pour traverser un ralentissement économique, grâce à la capacité de financer le développement de l’IA à partir de leurs activités principales. Mark Zuckerberg a d’ailleurs suggéré qu’un éclatement de bulle pourrait être une opportunité pour les « Big Tech » d’acquérir à moindre coût des start-ups prometteuses, des idées novatrices et des talents.

Cependant, tous ne partagent pas cet optimisme face à une période de turbulences potentiellement massives. Les chefs d’entreprise allemands, qui ont déjà bataillé pour maintenir leur activité ces dernières années dans un contexte de net ralentissement de la première économie européenne, sont particulièrement préoccupés.

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