Publié le 14 février 2026 08h17. L’arrestation du maire de Tequila, Diego Rivera Navarro, soupçonné de liens avec le crime organisé et d’extorsion, met en lumière un manque flagrant de transparence dans la gestion des finances publiques de la municipalité, révélé par l’absence quasi totale de données publiées sur la plateforme nationale de transparence.
- Diego Rivera Navarro, ancien président municipal de Tequila, Jalisco, a été arrêté pour des actes présumés d’extorsion et des liens avec le Cartel de Nouvelle Génération de Jalisco (CJNG).
- Depuis son entrée en fonction en octobre 2024, l’administration Rivera Navarro n’a pratiquement pas publié d’informations sur les contrats, les salaires, les audits ou l’utilisation du budget municipal sur la Plateforme Nationale de Transparence (PNT).
- Des incohérences ont été relevées dans les déclarations de patrimoine de certains responsables municipaux, notamment du trésorier, Julio César Limón Trigueros, qui a déclaré des revenus importants.
L’absence de transparence dans la gestion des finances publiques de Tequila, Jalisco, est devenue criante depuis l’arrivée au pouvoir de Diego Rivera Navarro en octobre 2024. Une analyse de la Plateforme Nationale de Transparence (PNT) révèle un vide informationnel alarmant : pratiquement aucune donnée publique n’a été mise en ligne par l’administration municipale durant cette période, en violation de ses obligations légales.
Les sections dédiées aux contrats de travaux, de biens et de services sont désespérément vides. Aucune information n’est disponible concernant les marchés publics, les appels d’offres ou les fournisseurs ayant bénéficié de contrats municipaux. De même, les déclarations de patrimoine des fonctionnaires municipaux, y compris celles de Diego Rivera Navarro lui-même, ainsi que les rapports sur les dépenses de publicité officielle et les commissions officielles, sont absentes de la plateforme.
Cette opacité s’étend également aux audits et aux rapports sur le budget des dépenses publiques. Aucune information n’est accessible concernant l’utilisation des fonds publics, les finances municipales ou les dépenses engagées par les différents services de la municipalité.
En mai 2023, alors qu’il était conseiller de Morena, Diego Rivera Navarro avait déclaré un revenu annuel de 72 773 pesos (environ 4 000 USD), dont 30 000 provenaient, selon ses dires, de l’achat et de la vente de chevaux. Il se décrivait alors comme célibataire, titulaire d’un diplôme en droit non achevé et sans expérience professionnelle déclarée. Il affirmait également ne posséder ni véhicule, ni biens immobiliers, ni investissements, ni comptes bancaires.
Lorena Marisol Rodríguez Rivera, conseillère municipale nommée maire par intérim suite à l’arrestation de Rivera, a déclaré en mai 2024 un revenu mensuel net de 24 757 pesos (environ 1 350 USD). Elle a également indiqué avoir travaillé au Secrétariat du Bien-être, dans les domaines des recensements et de l’assistance directe à la population, du 1er avril 2019 au 20 janvier 2024, avec un revenu net de 169 907 pesos (environ 9 300 USD) en 2023.
L’affaire prend une tournure encore plus troublante à la lumière des déclarations de patrimoine d’autres responsables municipaux. Le 11 février, El Universal a révélé que Julio César Limón Trigueros, le trésorier de la municipalité de Tequila, avait déclaré des revenus de plus de 34 millions de pesos (environ 1,8 million USD) en un an, provenant de son travail antérieur en tant que conseiller législatif. Il est actuellement en fuite.
La Loi Générale de Transparence et d’Accès à l’Information Publique impose aux municipalités, en tant que sujets obligatoires, de publier de manière proactive des informations telles que les salaires, les contrats, les appels d’offres, les budgets, la dette publique, les structures organiques et les plans de développement. L’article 66 de cette loi précise que les gouvernements municipaux doivent mettre à disposition du public et mettre à jour des informations sur le budget des dépenses, les formules de répartition des ressources, les plans d’urbanisme et les licences de construction.
L’Institut de Transparence de Jalisco est l’organisme chargé de veiller au respect de ces obligations par les municipalités. L’affaire de Tequila soulève des questions sur l’efficacité de ce contrôle et sur la volonté politique de garantir la transparence dans la gestion des affaires publiques.