Publié le 2025-11-06 16:07:00. Une combinaison d’anticorps monoclonaux et de chimiothérapie démontre une efficacité prometteuse dans le traitement du cancer gastrique avancé. Les données préliminaires de l’essai EDGE-Gastric, mené sur des patients n’ayant jamais reçu de traitement, indiquent des réponses durables et une toxicité gérable.
- Le taux de réponse objective (ORR) confirmé s’élève à 59 % chez les patients traités dans l’essai de phase 2 EDGE-Gastric.
- La durée médiane de réponse atteint 12,4 mois, avec une survie médiane sans progression (SSP) de 12,9 mois et une survie globale médiane (SG) de 26,7 mois.
- Le profil d’innocuité reste cohérent avec les associations antérieures de chimiothérapie à base de platine et d’anti-PD-1, les événements indésirables les plus fréquents étant d’origine hématologique.
L’essai EDGE-Gastric, une étude de phase 2 ouverte et multicentrique, évalue l’association des anticorps monoclonaux domvanalimab et zimberelimab, associée à la chimiothérapie, chez des patients atteints de cancers avancés de l’estomac, de la jonction gastro-œsophagienne (JGE) ou de l’œsophage (adénocarcinome). Les résultats actualisés, basés sur les données collectées jusqu’au 3 mars 2025, révèlent que sur 41 patients naïfs de traitement, 59 % ont obtenu une réponse objective confirmée. Parmi ces réponses, 3 étaient complètes et 21 partielles. La durée médiane de réponse s’établit à 12,4 mois, tandis que la survie médiane sans progression (SSP) atteint 12,9 mois et la survie globale médiane (SG) est estimée à 26,7 mois.
Le profil de tolérance de cette combinaison thérapeutique s’avère gérable et conforme aux attentes. Bien que 73 % des patients aient expérimenté des événements indésirables de grade 3 ou supérieur, les plus fréquents étaient la diminution du nombre de neutrophiles (37 %), l’anémie (17 %) et la neutropénie (15 %). Les événements indésirables d’origine immunitaire ont été observés chez 27 % des participants. Ces observations sont en phase avec les rapports précédents présentés par le Dr Yelena Y. Janjigian du Memorial Sloan Kettering Cancer Center lors de la série plénière de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO).
Le domvanalimab, un anticorps anti-TIGIT à Fc silencieux, et le zimberelimab, un anticorps anti-PD-1, ont été sélectionnés pour cette étude en raison de leur potentiel antitumoral démontré en préclinique. Les auteurs suggèrent que ce double blocage de TIGIT et PD-1 pourrait offrir une activité antitumorale accrue et plus durable. Le caractère « silencieux » du domvanalimab est censé optimiser la fenêtre thérapeutique en équilibrant l’efficacité et la sécurité, comme le soulignent Janjigian et ses collègues dans une publication parue dans Nature Medicine.
L’essai EDGE-Gastric, qui recrute 332 patients adultes, comprend plusieurs cohortes évaluant différents schémas thérapeutiques. L’étude actuelle rapporte les résultats du bras A1, où les patients reçoivent le domvanalimab (1 600 mg IV) et le zimberelimab (480 mg IV) toutes les quatre semaines, en association avec une chimiothérapie administrée toutes les deux semaines.
Forts de ces résultats prometteurs, la combinaison domvanalimab/zimberelimab fait également l’objet d’une évaluation dans l’essai randomisé de phase 3 STAR-221 (NCT05568095). Cet essai, qui devrait s’achever en 2026, compare l’efficacité de ce nouveau régime à celle du nivolumab (Opdivo) associé à la chimiothérapie chez environ 1 040 patients atteints de cancers localement avancés ou métastatiques du tractus gastro-intestinal supérieur.