Après un coup de frein début août, le titre du géant pharmaceutique Eli Lilly a repris sa course effrénée, bondissant de près de 40 % depuis son plus bas du mois. Cette remontée spectaculaire s’explique par des résultats financiers solides au troisième trimestre 2025, surpassant les attentes, et par les perspectives prometteuses de ses médicaments phares.
Des résultats financiers éclatants et des ventes en forte hausse
Eli Lilly a dévoilé le 30 octobre des chiffres du troisième trimestre 2025 qui ont largement dépassé les prévisions. Le chiffre d’affaires a grimpé de près de 54 %, atteignant 17,6 milliards de dollars, marquant ainsi le taux de croissance trimestriel le plus rapide de l’histoire de l’entreprise. Le bénéfice net ajusté par action s’est élevé à 7,02 $, surpassant les estimations de 60 cents. Fort de ces performances, le laboratoire a relevé ses prévisions de revenus annuels, portant le point médian à 63,25 milliards de dollars, et celles de son BPA ajusté à 23,35 $.
Au cœur de cette dynamique, les ventes internationales de Mounjaro, commercialisé sous le nom de tirzépatide, ont connu une envolée spectaculaire. Les revenus générés à l’étranger ont plus que quadruplé, passant de 728 millions de dollars au troisième trimestre 2024 à 3 milliards de dollars. Les ventes de Zepbound, l’autre nom commercial du tirzépatide, ont quant à elles explosé de 185 %. Ces succès confirment la position dominante d’Eli Lilly sur le marché des analogues du GLP-1, destinés au traitement du diabète et à la perte de poids.
Un potentiel haussier à court terme modéré, mais une valorisation assainie
À court terme, les analystes semblent prudemment optimistes quant à l’évolution du titre. L’objectif de prix consensuel établi par MarketBeat s’élève à 940 $, impliquant un potentiel de hausse légèrement inférieur à 5 %. Cantor Fitzgerald s’est montré plus audacieux, fixant un objectif de 985 $, soit une hausse potentielle d’environ 10 %. Cette perspective modérée s’explique en partie par la forte appréciation du cours de l’action ces derniers mois.
Malgré ces gains importants, Eli Lilly se négocie actuellement avec un ratio cours/bénéfice (P/E) prévisionnel de 30x. Ce chiffre est inférieur de 33 % à sa moyenne des trois dernières années (45x), suggérant que la valorisation du groupe est devenue plus raisonnable, ce qui pourrait limiter le risque de correction.
Un potentiel de croissance à long terme prometteur, malgré les risques
C’est sur le long terme que réside le véritable potentiel d’Eli Lilly. Le laboratoire se prépare à lancer l’orforglipron, un nouveau médicament oral à base de GLP-1, dont il espère obtenir l’approbation réglementaire d’ici la fin de l’année pour une commercialisation attendue au second semestre 2026 ou début 2027. Ce traitement pourrait constituer le prochain succès majeur de l’entreprise.
Par ailleurs, le retatrutide, un triple agoniste expérimental pour la perte de poids et le diabète, suscite un vif intérêt. Les premiers essais cliniques ont montré que le retatrutide pourrait surpasser le tirzépatide en termes d’efficacité, avec une perte de poids moyenne de 24,2 % en 48 semaines dans une étude de phase 2, contre 20,9 % en 72 semaines pour le tirzépatide. Eli Lilly anticipe les résultats de six essais de phase 3 sur le retatrutide d’ici fin 2026, des données qui auront un impact significatif sur le cours de l’action.
Cependant, le chemin vers ces succès n’est pas exempt de risques. La possibilité que l’orforglipron ou le retatrutide ne reçoivent pas l’approbation de la Food and Drug Administration (FDA) américaine demeure une incertitude. Les investisseurs qui misent sur le potentiel à long terme d’Eli Lilly doivent donc être conscients de ces défis.