Publié le 15 février 2026 07h30. Des carences nutritionnelles, souvent négligées, peuvent masquer des symptômes similaires à ceux de troubles mentaux, soulignant l’importance d’un bilan biologique complet avant d’envisager un diagnostic psychologique. Un médecin homéopathe a récemment mis en lumière un cas frappant sur les réseaux sociaux.
Un professionnel de 27 ans, décrit comme dynamique et toujours souriant, se plaignait de tristesse, de pertes de mémoire et d’un sentiment de dépersonnalisation. Malgré une prise en charge psychiatrique incluant médicaments et méditation, son état ne s’améliorait pas. La patiente se sentait épuisée chaque matin, comme si elle devait « tirer un poids mort du lit ».
« Je pense que je suis déprimée, docteur. Je pleure sans raison. J’oublie des choses. J’ai l’impression de disparaître »
Patient, cité par le Dr Sujit Telagamsetty
Intrigué par le manque d’amélioration, le Dr Sujit Telagamsetty a effectué des analyses plus approfondies que les examens de routine. Les résultats ont révélé des carences sévères : un taux de vitamine B12 à 134 pg/mL (valeur critique), un taux de vitamine D3 extrêmement bas à 7 ng/mL, et un déficit quasi total en magnésium. « Son cerveau n’était pas brisé, mais sa biochimie l’était », a-t-il déclaré.
Le médecin a recommandé une combinaison de changements alimentaires, de suppléments vitaminiques, d’une exposition matinale au soleil et d’une activité physique régulière (renforcement musculaire deux fois par semaine). Trois mois plus tard, la patiente a témoigné d’une amélioration spectaculaire de son humeur, de son énergie et de sa clarté mentale, décrivant une sensation de « brouillard enfin dissipé ».
Mais dans quelle mesure de telles carences peuvent-elles réellement imiter des symptômes de santé mentale ? Pour obtenir des éclaircissements, nous avons interrogé le Dr Aakash Shah, vice-président technique chez Neuberg Diagnostics.
Comment les carences en vitamines peuvent-elles simuler des troubles psychologiques
Selon le Dr Shah, les carences en vitamine B12 et en folate perturbent la production de sérotonine et de dopamine, des neurotransmetteurs essentiels à la régulation de l’humeur et des fonctions cognitives. « Lorsque ces nutriments sont déficients, le cerveau ne peut pas synthétiser correctement ces substances chimiques. Les patients peuvent alors ressentir de la tristesse, de l’anxiété ou un engourdissement émotionnel, même en l’absence de changements dans leur environnement », explique-t-il.
Une carence en vitamine D, fréquente chez les personnes peu exposées à la lumière naturelle, peut également provoquer une baisse de moral comparable à celle observée dans la dépression saisonnière. Le Dr Shah souligne que ces problèmes biochimiques sont souvent négligés lors des diagnostics.
Le manque de fer peut également avoir des effets similaires. « Une carence en fer ne se manifeste pas seulement par une fatigue physique. Elle peut également altérer les fonctions cognitives, entraînant léthargie, confusion et un sentiment de déconnexion, même après un sommeil suffisant. Ces symptômes sont souvent confondus avec un épuisement professionnel, une dépression ou une fatigue liée au stress », précise-t-il.
Le Dr Shah insiste sur le risque de qualifier à tort ces conditions de purement psychologiques, ce qui peut retarder un traitement approprié. « Il est crucial de vérifier les niveaux de nutriments avant de conclure à un problème de santé mentale. Parfois, la solution réside simplement dans la correction de ces carences. »
Que faire ?
Le Dr Shah recommande d’envisager un test génomique de bien-être pour identifier d’éventuelles difficultés d’absorption de certaines vitamines et minéraux. « Une fois ces difficultés identifiées, il est possible d’optimiser l’alimentation et de recourir à une supplémentation ciblée pour retrouver énergie, clarté mentale et équilibre émotionnel », explique-t-il.
Selon lui, une approche combinant connaissances cliniques et ajustements du mode de vie peut apporter des améliorations significatives. « Corriger les niveaux de B12 et de folate, s’exposer suffisamment au soleil pour la vitamine D, et combler les carences en magnésium ou en fer peuvent transformer une personne se sentant chroniquement épuisée en une personne alerte, motivée et émotionnellement stable », affirme-t-il.
Le cas rapporté par le Dr Telagamsetty n’est pas isolé. « De nombreuses femmes, en particulier, sont injustement étiquetées comme anxieuses, trop sensibles ou même paresseuses, alors que leurs difficultés sont en réalité liées à des carences nutritionnelles. Reconnaître ces facteurs biologiques est essentiel pour éviter les erreurs de diagnostic et la souffrance émotionnelle inutile », conclut le Dr Shah.
Enfin, il souligne l’importance d’une approche holistique : « Avant d’attribuer la fatigue, le brouillard mental ou les changements d’humeur uniquement à des problèmes de santé mentale, il est essentiel de prendre en compte l’état biochimique et nutritionnel. Le brouillard n’est parfois pas dans l’esprit, mais dans le corps. »
AVERTISSEMENT : Cet article est basé sur des informations provenant du domaine public et/ou des experts avec lesquels nous avons parlé. Consultez toujours votre professionnel de la santé avant de commencer toute routine.