Vienne serre la vis sur le revenu minimum, pénalisant les familles vulnérables. Une nouvelle réglementation en vigueur depuis le début de l’année réduit les allocations sociales, laissant certains foyers viennois, déjà fragilisés, confrontés à des difficultés financières accrues.
Gerhard Komoly, un père viennois, est l’une des victimes de ces nouvelles mesures. Il s’occupe à plein temps de sa fille Hannah, 14 ans, atteinte d’un handicap lourd, et de sa femme malade. Depuis janvier 2026, son revenu minimum a été diminué d’environ 200 euros par mois, soit entre 2 300 et 2 400 euros par an.
M. Komoly a été contraint d’abandonner son emploi il y a une dizaine d’années pour pouvoir assurer les soins constants dont sa fille a besoin. « Elle a besoin de soins 24 heures sur 24, jour et nuit. Il faut la changer huit à dix fois par jour », explique-t-il.
La situation familiale s’est compliquée en 2014 avec la maladie de sa femme. Il a alors bénéficié du revenu minimum, en remplacement de ses allocations chômage, mais cet allègement fut de courte durée. La ville de Vienne a revu sa politique d’attribution, réduisant notamment le paiement spécial pour les bénéficiaires de longue durée, parmi lesquels figurent les personnes handicapées, les personnes atteintes de maladies chroniques et les personnes âgées.
Les coupes budgétaires affectent également les allocations de logement, qui seront désormais déduites de l’aide au loyer pour les enfants, aggravant la situation financière des familles comme celle de M. Komoly. Sa femme perçoit une pension d’invalidité professionnelle et sa fille une allocation de soins, mais ces revenus ne suffisent pas à couvrir les dépenses essentielles.
« On ne peut tout simplement pas économiser sur le loyer, le chauffage ou l’eau chaude. La nourriture est la seule chose où nous pourrions économiser. Mais sinon, c’est difficile », confie M. Komoly.
Cette nouvelle politique a suscité des réactions indignées. Judith Pühringer, conseillère municipale des Verts, dénonce une mesure qui « coupe le dernier réseau social » et qui pénalise les plus vulnérables. « En réalité, des coupes sont faites aux plus vulnérables. Le SPÖ et NEOS coupent le dernier réseau social. En fait, la sécurité minimale devrait protéger le minimum », a-t-elle déclaré.
La Volkshilfe Österreich, une organisation caritative, met en garde contre les conséquences de ces réductions, soulignant que le cas de M. Komoly n’est pas isolé. « C’est la vie à la limite et il faut regarder de plus près ce groupe cible. Il y a aussi des personnes de plus de 65 ans et beaucoup d’enfants sont concernés », explique Johanna Reithner, responsable du travail social de la Volkshilfe Vienne. Selon des données récentes, environ 40 % des bénéficiaires du revenu minimum sont des enfants, dont 9 000 vivent exclusivement de cette allocation.
Interrogé sur cette situation, le conseiller social du SPÖ, Peter Hacker, a indiqué que la sécurité minimale à Vienne était plus élevée que dans le reste du pays, sans commenter le cas spécifique de M. Komoly.