Publié le 2024-02-29 14:35:00. Les allergies alimentaires chez les enfants ne sont pas le fruit du hasard, mais résultent d’une combinaison complexe de facteurs agissant dès la première année de vie, selon une vaste étude internationale. L’eczéma, les antécédents familiaux et le moment d’introduction de certains aliments sont particulièrement déterminants.
- Environ 5 % des enfants développent une allergie alimentaire avant l’âge de six ans.
- L’eczéma infantile multiplie par trois ou quatre le risque d’allergies alimentaires.
- Retarder l’introduction d’aliments potentiellement allergènes, comme les arachides, peut paradoxalement augmenter le risque.
Une analyse approfondie, basée sur les données de près de 2,8 millions d’enfants à travers le monde, révèle que le développement d’allergies alimentaires est un processus multifactoriel. L’étude, menée par des chercheurs de l’Université McMaster au Canada, et publiée dans JAMA Pédiatrie, met en évidence l’importance des premiers mois de vie dans la prédisposition à ces allergies.
Les chercheurs ont examiné plus de 340 facteurs potentiels et ont constaté que l’hérédité, l’état de la peau, le microbiome intestinal et l’environnement jouent un rôle conjoint. L’étude nuance ainsi l’idée que les allergies alimentaires sont uniquement dues à une prédisposition génétique.
L’eczéma, en particulier lorsqu’il apparaît durant la première année, est un facteur de risque majeur. Les nourrissons qui en souffrent présentent un risque trois à quatre fois plus élevé de développer des allergies alimentaires. La présence de symptômes respiratoires tels que la respiration sifflante ou des allergies nasales est également associée à une augmentation du risque.
Les antécédents familiaux constituent un autre élément important. Les enfants dont les parents ou les frères et sœurs sont allergiques sont plus susceptibles de le devenir à leur tour, et ce risque est amplifié si les deux parents sont concernés, comme le souligne le site web de l’Université McMaster.
L’étude apporte également des éclaircissements sur le moment idéal pour introduire les aliments potentiellement allergènes. Contrairement aux recommandations passées, retarder l’introduction d’aliments comme les arachides, les noix ou les œufs peut en réalité augmenter le risque d’allergie. Les enfants exposés aux arachides après l’âge de 12 mois ont plus de deux fois plus de chances de développer une allergie à cet aliment.
L’utilisation d’antibiotiques chez les jeunes enfants est également pointée du doigt. L’administration d’antibiotiques au cours du premier mois de vie est corrélée à une probabilité plus élevée d’allergies alimentaires. Si l’utilisation d’antibiotiques plus tard dans l’enfance ou pendant la grossesse est également associée à un risque accru, celui-ci est moins important que l’exposition précoce.
En revanche, l’analyse n’a pas trouvé de lien entre les allergies alimentaires et certains facteurs souvent évoqués, tels que le faible poids à la naissance, un accouchement tardif, l’allaitement maternel partiel (combinaison de lait maternel et de lait infantile), le régime alimentaire de la mère pendant la grossesse ou le stress maternel.