Une habitante de la Gironde a dû se tourner vers les associations caritatives après que la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) ait refusé de lui verser les indemnités journalières auxquelles elle avait droit suite à un arrêt maladie prolongé. Après plusieurs mois de démarches, une solution semble enfin se dessiner.
L’histoire de Laura, 35 ans, originaire d’Ambès, illustre les difficultés administratives qui peuvent plonger les individus dans une précarité extrême. En août 2024, alors qu’elle travaillait dans une entreprise bordelaise, elle a été contrainte de prendre un arrêt maladie suite à un burn-out consécutif à un divorce difficile. « Je m’étais mise à fond dans le travail pour oublier mon divorce. J’ai fait une petite dépression puis j’ai repris la pêche avant de retomber », confie-t-elle.
Initialement prévue jusqu’au début septembre, l’arrêt maladie a été prolongé en novembre, jusqu’au 21 décembre, en raison du développement d’une phobie sociale. « Je pensais que ça suffirait. Au final, j’ai développé une phobie sociale. Je pleurais dès que j’entrais dans le bus, j’étais tétanisée. J’ai proposé de reprendre en télétravail mais mon entreprise a refusé », explique Laura.
Cependant, la CPAM affirme ne pas avoir reçu ce dernier document. « Je l’ai envoyé à trois reprises mais eux, ils refusent de m’indemniser », déplore-t-elle. La CPAM se justifie en indiquant avoir reçu une prescription tardive, après la fin de la période de repos prescrite. Laura dénonce quant à elle « un acharnement des institutions ».
Privée de revenus depuis fin novembre, Laura s’est retrouvée dans une situation financière désespérée. « Pour me nourrir et acheter des vêtements, j’ai dû me tourner vers les associations locales. Tout cela joue sur ma santé. J’ai perdu plus de 10 kg », témoigne-t-elle. Elle a même dû faire appel à des associations pour subvenir à ses besoins essentiels et n’a pu offrir aucun cadeau à ses enfants pour les fêtes de fin d’année. « Je suis en difficulté financière de façon très importante. Je n’ai rien pour les fêtes de fin d’année et je n’ai pas pu acheter de cadeaux à mes enfants », avait-elle écrit dans un courrier adressé à la CPAM.
La situation de Laura a finalement commencé à s’améliorer après qu’elle ait alerté la direction de la CPAM. Le 12 février, elle a reçu la confirmation que ses indemnités journalières seraient régularisées. « Suite à mon courrier, le paiement de mes indemnités journalières de la sécurité sociale va être régularisé », s’est-elle réjouie.
Cependant, un nouveau défi se présente : France Travail a refusé de lui accorder des allocations suite à son licenciement survenu pendant son arrêt maladie, avant le 1er mars. Malgré ces difficultés persistantes, Laura reste déterminée. « Un ami m’aide à maintenir le cap. Je ne peux pas me laisser abattre. Je ne me bats pas que pour moi mais aussi pour les autres gens qui vivent une situation similaire », conclut-elle. Elle a trouvé un emploi à temps partiel pour s’occuper d’une personne polyhandicapée, ce qui lui permet de remonter la pente.