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Entraîner la vitesse du cerveau pourrait réduire le risque d’Alzheimer

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Publié le 10 février 2026 à 21h15. Une nouvelle étude révèle qu’un entraînement cérébral spécifique, basé sur la rapidité de traitement visuel, pourrait retarder l’apparition de la démence de près de 25 % chez les personnes de plus de 65 ans, à condition d’être régulièrement pratiqué.

  • Un jeu informatique testant la capacité à identifier rapidement des éléments visuels dans un environnement distrayant s’est avéré plus efficace qu’un entraînement axé sur la mémoire ou la résolution de problèmes.
  • L’efficacité de cet entraînement repose sur la pratique régulière, avec des séances de rappel pour consolider les bénéfices.
  • Les chercheurs soulignent que l’entraînement cérébral ne doit pas être considéré comme une solution isolée, mais comme un élément d’un mode de vie globalement sain pour le cerveau.

Des chercheurs de l’université Johns Hopkins ont mis en évidence l’impact positif d’un entraînement cognitif particulier sur la prévention de la démence. L’étude, menée sur près de 2 800 participants âgés en moyenne de 74 ans, a révélé qu’un jeu vidéo stimulant l’attention divisée pouvait réduire le risque de diagnostic de démence d’environ 25 % chez les personnes de plus de 65 ans, à condition que l’entraînement soit complété par des séances de rappel régulières.

Le jeu en question, initialement développé par des enseignants du Kentucky et de l’Alabama, consiste à identifier rapidement une voiture ou un tracteur spécifique parmi d’autres véhicules, tout en localisant simultanément un panneau de signalisation précis (Route 66) dans un environnement visuel complexe et changeant. Au fur et à mesure de la progression, la durée d’affichage des images diminue, augmentant ainsi la difficulté de la tâche.

Selon Marilyn Albert, co-auteure de l’étude et professeure de neurologie à la faculté de médecine de l’université Johns Hopkins, ce type d’entraînement sollicite une forme d’apprentissage implicite, où l’amélioration se fait de manière inconsciente.

« Il s’agit de ce que nous appelons une tâche d’attention divisée, dans laquelle vous n’avez pas de stratégie consciente pour vous améliorer. Vous essayez simplement de faire de votre mieux pour diviser votre attention. »

Marilyn Albert, professeure de neurologie à l’université Johns Hopkins

Elle précise également que le jeu s’adapte au niveau de chaque joueur, devenant plus difficile à mesure qu’il progresse.

L’étude ACTIVE (Advanced Cognitive Training for Independent and Vital Elderly), débutée en 1998, a comparé l’efficacité de trois types d’entraînement cognitif – mémoire, raisonnement et attention divisée – ainsi qu’un groupe témoin. Les résultats ont montré que seul l’entraînement à la vitesse de traitement visuel, combiné à des séances de rappel, avait un impact significatif sur la réduction du risque de démence. Ce bénéfice a été observé uniquement chez les participants ayant suivi l’entraînement initial et les séances de rappel.

Les chercheurs soulignent l’importance de la pratique régulière pour maintenir les bénéfices de cet entraînement.

« La réduction de 25 % du risque de démence n’a eu lieu que chez les personnes qui ont suivi l’entraînement initial au jeu de vitesse, puis les séances de rappel. Ceux qui n’ont pas suivi les séances de rappel n’en ont pas bénéficié. »

Marilyn Albert, professeure de neurologie à l’université Johns Hopkins

Walter Boot, professeur à Weill Cornell Medicine, tempère toutefois ces résultats, soulignant qu’il est difficile d’établir un lien de causalité direct entre l’entraînement cérébral et la prévention de la démence. Des études récentes suggèrent également que la consommation de caféine pourrait avoir un effet protecteur contre la démence. Il explique que l’amélioration des performances dans un jeu spécifique ne garantit pas une réduction du risque de démence dans l’ensemble.

Les experts insistent sur le fait que l’entraînement cognitif ne doit pas être considéré comme une panacée, mais comme un élément d’un mode de vie sain pour le cerveau, incluant une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, un sommeil de qualité et une gestion du stress. D’autres recherches explorent les liens entre le déclin cognitif et le vieillissement.

Le jeu utilisé dans l’étude, initialement vendu sous le nom de Double Decision par BrainHQ, une société spécialisée dans l’entraînement cérébral, est un exemple d’outil qui peut stimuler la plasticité cérébrale et renforcer la réserve cognitive, c’est-à-dire la capacité du cerveau à s’adapter et à maintenir un fonctionnement normal malgré les dommages liés à l’âge ou à la maladie.

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