Publié le 2024-05-08 14:35:00. Une étude internationale révèle que l’arrêt progressif des antidépresseurs, accompagné d’un soutien psychologique, ne présente pas de risque accru de rechute et pourrait même aider les patients à retrouver une vie émotionnelle plus épanouie.
- Une revue de 76 études portant sur près de 17 000 patients montre que l’arrêt brutal des antidépresseurs est associé à un risque plus élevé de ressentir un mal-être.
- Les chercheurs suggèrent que la crainte de la rechute, souvent exprimée par les médecins et les patients, est souvent infondée si la diminution des doses est lente et encadrée.
- Environ 1,2 million de Suédois sont actuellement sous antidépresseurs, et l’étude souligne l’importance de considérer les effets secondaires potentiels de ces médicaments.
Les patients souffrant de dépression ou d’anxiété pourraient envisager un arrêt plus serein de leur traitement antidépresseur, selon les conclusions d’une vaste étude publiée dans The Lancet Psychiatry. L’analyse, basée sur 76 études randomisées impliquant environ 17 000 participants, met en lumière les avantages d’une approche progressive et soutenue.
L’étude a comparé différentes stratégies d’arrêt du traitement, allant de l’interruption soudaine à la réduction graduelle des doses, avec ou sans accompagnement psychologique. Les résultats indiquent clairement que le risque de dégradation de l’état mental est plus élevé chez les personnes qui arrêtent brutalement leur médication.
« La peur de la rechute incite les médecins et les patients à hésiter à réduire progressivement leur consommation. Cette étude suggère que cette peur est injustifiée tant que la réduction progressive se fait lentement et avec du soutien. »
Johan Bengtsson, chercheur à l’Université d’Uppsala et docteur ST en psychiatrie à l’hôpital universitaire
En Suède, environ 1,2 million de personnes sont traitées par antidépresseurs, selon le Conseil national de la santé et du bien-être social (Socialstyrelsen). Si le nombre de personnes qui pourraient se passer de traitement reste inconnu, il est important de prendre en compte les effets secondaires potentiels des antidépresseurs, tels que les troubles sexuels et une diminution de la sensibilité émotionnelle.
L’interruption rapide du traitement peut entraîner des symptômes de sevrage désagréables, notamment de l’anxiété, de la dépression et des nausées. De plus, il est parfois difficile de distinguer ces symptômes de sevrage d’une véritable rechute ou des émotions normales qui refont surface après une période de traitement.
« Beaucoup de gens pensent qu’ils sont de nouveau malades, alors qu’en réalité ils ne font que retrouver leur vie émotionnelle. »
Johan Bengtsson, chercheur à l’Université d’Uppsala et docteur ST en psychiatrie à l’hôpital universitaire
L’étude suggère qu’une réduction progressive sur une période de 4 à 12 semaines, associée à une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ou à des techniques de pleine conscience, peut être aussi efficace qu’un traitement continu. Cependant, Johan Bengtsson recommande une diminution encore plus lente, idéalement sur une période de 6 à 12 mois, pour optimiser les chances de succès.
NE MANQUEZ PAS : Helena Bergström : après les moqueries, la revanche d’une artiste
NE MANQUEZ PAS : Le paradis oublié des retraités européens : une vie confortable pour 7 600 couronnes suédoises